samedi, novembre 26, 2005

Bêtise.ca

Cet éditorial http://uni.ca/noirceur_fr.html, qui vient de paraître sur le site uni.ca, lequel prétend défendre le fédéralisme, ne constitue rien d'autre qu'un summum de bêtise et de calomnie. J'en ai plus qu'assez des fanatiques et imbéciles de toutes les sortes qui répandent toutes sortes d'inepties et qui étalent leur délire, et ce peu importe de quel bord ils sont, même, sinon surtout, quand ils proviennent de mon propre camp.

Premièrement, d'illustrer cet éditorial avec une photo des jeunesses hitlériennes (tiens, tiens: cette photo a été enlevée du site 29-11-05...) est non seulement une diffamation très grave contre les souverainistes, mais aussi une insulte à l'intelligence, voire un assaut contre la décence la plus élémentaire. Je condamne vivement un geste aussi ignoble, qui en plus est une injure aux vraies victimes de l'horreur nazie. On n'a aucun droit de récupérer une telle tragédie qu'a été le nazisme pour attaquer injustement nos adversaires. En tant que fédéraliste, j'ai honte d'un procédé aussi répugnant, qui relève de la démagogie la plus odieuse qui soit.

Deuxièmement, le contenu même de cet éditorial déforme grostesquement la teneur réelle des débats qui ont eu lieu lors du congrès du Bloc québécois au sujet de l'éventualité de la création d'une armée québécoise dans un éventuel Québec indépendant. Que ceux qui pensent créer un État indépendant envisagent la création d'une armée, voilà qui ne saurait surprendre, les forces armées étant l'une des manifestation de l'existence de tout État. Mais au lieu de débattre intelligemment de ce genre de question, les gens d'Uni.ca ont plutôt choisi de laisser croire que, contre l'évidence même des choses, les militants du Bloc et du PQ seraient en train d'échafauder des plans pour créer des hordes militarisées d'exhaltés barbares. Une telle caricature de la réalité est une infâmie qui couvre de honte le groupuscule d'insignifiants qui viennent de la signer.

Il y a certes des tendances fanatiques et intolérantes dans le mouvement indépendantiste québécois. Il y a même aussi une complaisance inacceptable à leur égard de la part de plusieurs membres de l'élite politique et intellectuelle de ce mouvement. J'ai déjà longuement élaboré là-dessus dans ce blogue et dans mes autres interventions publiques. Mais quand on dénonce ce genre de tendances, on doit appuyer nos dires sur des faits réels et vérifiables, ce que j'ai également fait. Les gens d'Uni.ca, eux, ont plutôt choisi de lancer toutes sortes d'affirmations grossières, sans démontrer quoi que ce soit quant aux faits qui pourraient appuyer leurs dires. Cette méthode est carrément malhonnête et mensongère.

Aussi, malgré toutes les questions qu'il faut poser, en toute légitimité, quant aux tendances fanatiques et intolérantes qui sont bel et bien agissantes dans le mouvement indépendantiste, il faut quand même reconnaître, par souci d'honnêteté, que la vérité n'en demeure pas moins que la vaste majorité des militants souverainistes ne sont ni fanatiques, ni intolérants.

Je suis en faveur d'un vigoureux débat avec les indépendantistes, notamment sur la pertinence de l'idéologie nationaliste; mais ceci dit, pour pouvoir débattre, il faut savoir respecter l'adversaire lorsqu'il se révèle respectable. Il est vrai que je suis sans concession aucune pour les Pierre Falardeau et autres brutes intolérantes et fanatiques de son genre, qui sèment ouvertement, sinon fièrement, la haine contre tout ce qui ne pense pas comme eux. Je les ai dénoncés, et je les dénoncerai encore, car ces gens-là méprisent la démocratie et ils méprisent les Québécois eux-mêmes, dont la vaste majorité est loin de partager leur fanatisme délirant. Mais il s'agit là de simples groupuscules de brutes intolérantes en manque d'émotions fortes, des paranoïaques qui voient des «traîtres» partout et qui, n'ayant rien d'autre à faire de leurs vies, voudraient nous rejouer ad nauseam la bataille des Plaines d'Abraham.

Ceci dit, la plupart des souverainistes que je connais sont des gens décents et intelligents, dont les convictions sont remplies d'idéal et de noblesse, et qui croient en la démocratie et dans le respect de toute personne humaine, y compris de ceux qui ne pensent pas comme eux. Et ce n'est pas en les calomniant outrancièrement comme viennent de le faire les gens d'Uni.ca qu'on peut arriver à poser les termes du débat national d'une manière plus utile et plus saine que ce à quoi nous en sommes rendus présentement.

Les fanatiques et imbéciles, quels qu'ils soient, nuisent toujours à la cause qu'ils prétendent promouvoir. Les gens d'Uni.ca viennent de le prouver d'une façon plus qu'éloquente. En tant que fédéraliste et démocrate, j'exige qu'ils présentent des excuses pour l'acte dégradant que constitue cet éditorial diffamatoire, car non seulement ils diffament gravement les souverainistes démocrates, mais ils viennent également de souiller de leur bêtise l'option fédéraliste elle-même.
De l'imposture
Les fédéralistes québécois sont tout aussi aptes que le PQ et le Bloc à se revendiquer des intérêts du Québec
Daniel Laprès
(Article publié dans le cadre de la rubrique «Québec Grand Angle», La Presse, 26 nov. 2005)
Voyons les choses en face : il y a au Québec, et depuis trop longtemps, quelque chose de profondément malsain dans la manière dont se déroule le débat national. Les indépendantistes prétendent détenir l’absolu monopole de l’identité québécoise et des intérêts du Québec, et pour mieux ostraciser les fédéralistes québécois, ils répandent cette fausse perception qui veut laisser croire que l’adhésion à l’idéal canadien serait incompatible avec l’attachement au Québec ainsi qu’à la culture et à la langue françaises.

Ce thème a été particulièrement martelé lors du récent congrès du Bloc québécois, où on a entendu plusieurs orateurs haranguer la foule en vociférant contre tout ce qui est libéral et fédéraliste une litanie d’accusations et d’insultes souvent grotesques, le tout pour rassasier l’appétit de meutes en mal de nationalisme exacerbé. Par exemple, la pathétique prestation du leader parlementaire du Bloc, Michel Gauthier, était à cet égard très révélatrice : M. Gauthier n’a eu qu’à désigner certains noms pour que la foule se mette aussitôt à crier en chœur son mépris, sinon sa haine.

Nous en sommes donc rendus là au Québec : au lieu de débattre de ses idées, il suffit de lancer en pâture les noms de certaines personnes du camp adverse pour que, sans autre argument ou démonstration, l’auditoire se mette à exprimer sa hargne rageuse. C’est avec une telle logique qu’on nourrit l’intolérance, d’autant plus que, dans le cas évoqué ici, les personnes visées étaient désignées en tant qu’«ennemis du Québec», et ce pour la simple raison que leur point de vue diffère de celui des indépendantistes.

Bien entendu, les débats politiques ne peuvent toujours faire dans la dentelle. Une certaine virulence est nécessaire au choc des idées, surtout lorsque des convictions profondes sont en jeu, et Dieu sait combien l’enjeu national peut relever de passions difficilement maîtrisables. Mais la désignation de soi-disant «traîtres à la Nation» et l’excitation des foules par la démagogie haineuse doivent être radicalement rejetées, particulièrement à notre époque où le cynisme mine gravement nos institutions démocratiques, au point où le taux de participation aux scrutins baisse de façon déjà bien inquiétante.

Indépendantistes et fédéralistes sont également concernés, car c’est la classe politique dans son ensemble qui est touchée par ces dérives qui affaiblissent notre vie démocratique. (C’est d’ailleurs pourquoi, bien que fédéraliste convaincu, je n’ai pas hésité à condamner les récentes insultes contre les chefs du PQ lancées par le ministre Pierre Pettigrew, qui n’a ainsi en rien aidé à rehausser le niveau du débat, en plus de donner une tonalité insignifiante au discours fédéraliste, tonalité qui m’horripile de plus en plus car elle jette le discrédit sur une option et un idéal qui méritent bien mieux qu’une performance aussi lamentable).

Gilles Duceppe, dans sa logique habituelle du «deux poids, deux mesures», vient d’accuser les libéraux de «confondre l’intérêt du parti libéral avec l’intérêt du Canada»; pourtant, le Bloc ne cesse de prétendre qu’il serait le seul à défendre les intérêts des Québécois, même si, en réalité, ce parti ne défend rien d’autre que la vision indépendantiste du Québec. Devant quoi ce qu’il faut rappeler, c’est que ni le Bloc québécois, ni le Parti québécois, ni le mouvement indépendantiste, ne sont les seuls dépositaires des intérêts des Québécois. Les indépendantistes ne détiennent aucune exclusivité en ce qui concerne l’identité et les intérêts du Québec; prétendre le contraire relève de l’imposture pure et simple.

Les fédéralistes québécois sont tout aussi aptes que les indépendantistes à se revendiquer des intérêts du Québec et des Québécois; ils ont pleinement le droit, avec au moins la moitié de la population québécoise sinon plus, de partager la conviction que les intérêts du Québec en matière de prospérité sociale, culturelle et économique passent par la participation à ce pays toujours en chantier qu’est le Canada, dans lequel les Québécois peuvent, s’ils le veulent, être des leaders, dans une optique ambitieuse pour le Québec et les Québécois. Et on ne devrait plus tolérer que certains interdisent de penser ainsi au Québec.

jeudi, novembre 17, 2005

Pettigrew: c'est assez !!!

Pierre Pettigrew vient de nous servir, encore une fois, une belle démonstration de son ineptie et de son insipidité, en traitant hier les chefs du PQ de «losers». En plus de ne rien apporter au débat, une telle déclaration étonne, venant de quelqu'un qui a senti le boulet du canon siffler à son oreille lors de l'élection de 2004 puisqu'il a bien failli bien perdre son comté, n'ayant été élu que par quelques centaines de voix de majorité sur une adversaire bloquiste totalement inconnue et âgée de seulement 20 ans. Lors de l'élection prochaine qui devra avoir lieu en janvier, Pettigrew risque d'ailleurs très fort de devenir lui-même un «loser», ayant cette fois-ci affaire à une adversaire bloquiste bien plus connue et redoutable, Vivian Barbot.

Pettigrew devrait donc se montrer beaucoup moins triomphaliste, d'autant plus qu'il est loin d'être l'une des personnalités en vue qui ont aidé la cause fédéraliste au Québec. En effet, je suis porté à croire qu'il est de ces leaders fédéralistes que Henry Mintzberg, dans le Globe and Mail d'hier, dénonçait pour leur exaspérante nullité.

Qu'on se comprenne bien: je suis fédéraliste et libéral, mais je crois que la perte d'un tel individu serait loin d'être tragique pour le camp fédéraliste, et même pour le parti libéral. Ça nous forcerait à nous renouveler, et nous en avons un urgent besoin. En fait, Pettigrew n'a contribué en rien à faire progresser l'idéal canadien au Québec, et il fait partie de ces politiciens qui n'ont pas la moindre préoccupation pour le mieux-être des citoyens. Pas étonnant que son message ne passe pas auprès du public, sa crédibilité étant nulle. De plus, sa gestion ministérielle, partout où il est passé, s'est surtout avérée un échec lamentable. On se souvient par exemple du fiasco au ministère des ressources humaines, qui a eu lieu durant son règne à la tête de ce ministère, et que c'est sa collègue, Jane Steward, qui a dû écoper à sa place. Et aux affaires étrangères, il est l'un des pires ministres que ce ministère ait subi depuis des décennies, tellement il est insignifiant et complètement désengagé.

Pour titre de ma dernière chronique «Québec Grand Angle» de La Presse, le 29 octobre, la rédaction du journal avait choisi pour titre: «Les fédéralistes doivent parler». J'aurais préféré «Pour un Big Bang fédéraliste», car au fond, même si je conviens que les fédéralistes doivent parler, ils doivent surtout cesser de dire n'importe quoi, et surtout pas des insipidités comme celle livrée par Pettigrew hier, qui ne font qu'imposer une image gravement négative et médiocre des fédéralistes. C'est pourquoi le «Big Bang» dont je parlais contient aussi l'idée de se débarrasser une fois pour toutes de certaines pratiques et comportements qui affectent gravement la crédibilité du fédéralisme au Québec. Je disais précisément qu'il faut rompre avec la médiocrité; il semble assez évident que Pettigrew et ceux qui agissent comme lui ne peuvent comprendre un tel langage.

Pourtant, André Boisclair est éminemment vulnérable. Mis à part la faiblesse de caractère qu'a montré sa gestion de la crise autour de sa consommation de cocaïne, il est un politicien qui ne peut rien dire de concret sur ce qu'il entend faire des problèmes criants que confronte la société québécoise. Son discours sonne creux, même s'il est paré de termes grandiloquents qui semblent faire davantage plaisir à celui qui les prononce qu'aux nombreux citoyens qui se sentent concernés par les enjeux sociaux et politiques que nous vivons. Sur le front des idées, nous pourrions le contester vigoureusement, tellement ce gars-là n'est qu'une image complètement vide de contenu. C'est pourquoi il m'enrage de constater que, pour toute réponse, un Pierre Pettigrew, qui aime pourtant bien se donner des airs de pseudo-intello, ne sait que lancer des insultes tellement maladroites et grossières, qui en plus sont choquantes pour le public, qui veut, à juste titre, des débats politiques d'un plus haut niveau et davantage orientés vers l'intérêt général.

L'idéal canadien mérite bien mieux que des porte-parole aussi ineptes, qui permettent notamment aux indépendantistes de compter des buts les uns après les autres auprès de l'opinion publique. Tant et aussi longtemps que nous ne romprons pas avec des représentants politiques aussi insipides, les indépendantistes seront en avance, et nous n'aurons personne d'autre à blâmer que nous-mêmes.

Il nous faut, et ça presse, de nouvelles idées et de nouveaux leaders. En fait, il nous faut des leaders qui sont capables d'avoir des idées et d'être à la hauteur de l'idéal canadien.

samedi, novembre 12, 2005

Du nationalisme étriqué
Cornellier, Louis
Le Devoir, 12 novembre 2005

Fondateur du journal indépendantiste Le Québécois, Patrick Bourgeois est un militant batailleur. Les fédéralistes, pour lui, sont moins des adversaires idéologiques que des ennemis. Inspiré par la pensée décolonisatrice d'Albert Memmi, Bourgeois considère le Canada comme un pays agressivement assimilateur et le Québec comme une colonie en lutte pour sa liberté. Cause première de ce triste état de fait, la Conquête anglaise, selon lui, aurait transformé les Québécois en êtres peureux et traumatisés sur le plan identitaire, et seule l'indépendance pourrait renverser la situation. Aussi, si vous êtes favorable à cette solution, Bourgeois vous considère comme un frère d'armes, mais si vous êtes contre, vous êtes un traître, un vendu ou, comme Pierre Elliott Trudeau, un «génocidaire en puissance». On est près, ici, de la pensée d'un Pierre Falardeau qui, d'ailleurs, est le préfacier de ce livre.

Pour être contestable à certains égards, cette pensée un peu brutale n'en reste pas moins légitime en ce qu'elle s'appuie sur certains arguments valables. Le malaise ressenti à la lecture de We Are Québécois when ça nous arrange ne tient donc pas au parti pris indépendantiste et décolonisateur de son auteur, mais plutôt aux insinuations à saveur ethnique qui lui tiennent lieu de stratégie argumentative.

On peut penser, en effet, que Justin Trudeau, Ben Mulroney et Yann Martel, en se faisant les chantres d'un bilinguisme salvateur et garant d'une ouverture sur le monde, se trompent, nuisent au projet souverainiste et doivent être contestés. Laisser entendre, comme ils le font, que le projet d'un Québec indépendant et français est rétrograde parce que l'avenir sera aux identités multiples relève de la bêtise idéologique et de la mesquinerie. Aussi, critiquer leur attitude de parvenus identitaires est donc un devoir intellectuel et il est pertinent de s'y employer.

Là où Bourgeois dérape, toutefois, c'est quand il attribue la source de leur attitude à leurs origines ethniques. Facile de comprendre, suggère-t-il, pourquoi ces gens-là sont des traîtres quand on constate qu'ils appartiennent à «une nouvelle race de bâtards» issue, par filiation, du «métissage ethnique» et riche en «collabos» à la double identité. On croirait lire du mauvais Lionel Groulx (je précise, parce qu'il y en a du bon)! Ce glissement du débat d'idées vers une chasse au complot fondé sur l'origine ethnique est profondément malsain et n'aide pas la cause souverainiste en donnant raison à ses adversaires les plus primaires.

Montrer que Jean Charest nuit au Québec en s'accrochant obséquieusement à la logique fédéraliste, que Paul Martin n'a rien d'un ami du Québec et qu'Alain Dubuc est prêt à toutes les bassesses argumentatives pour discréditer le projet souverainiste est un juste combat. Affirmer, par ailleurs, que leur fédéralisme s'explique par leur identité métissée relève de la xénophobie la plus crasse et est parfaitement indéfendable puisque cela voudrait dire que les idées tiennent à l'origine ethnique.

Il n'y a rien de scandaleux, redisons-le, à qualifier des gens de mauvais penseurs, d'adversaires, de mercenaires, voire d'opportunistes, quand on a des arguments pour ce faire. On peut, oui, dire haut et fort: voici, à mon avis, des gens dont les opinions et les gestes nuisent au progrès du Québec. Nous sommes, alors, dans l'argumentation, aussi polémique soit-elle. Présumer d'un lien de causalité entre les origines ethniques et la pensée (et non entre la culture et la pensée, ce qui serait autre chose) nous fait toutefois quitter ce terrain pour nous entraîner dans l'orbite d'un antihumanisme déshonorant que le souverainisme, tout comme le fédéralisme d'ailleurs, doit fuir comme la peste.

***
We are Québécois when ça nous arrange
Patrick Bourgeois
Les Intouchables
Montréal, 2005, 160 pages

La critique de Louis Cornellier est intéressante. Indépendantiste chevronné, il n'en sait pas moins faire preuve de civilité, contrairement à la haine totalitaire des responsables du journal Le Québécois qu'il critique dans son article. Ceci dit, Cornellier lui-même, dans ce même article, tient un propos qui n'en est pas moins porteur d'éléments questionnables en matière d'éthique du débat public.

Premièrement, Cornellier évoque le livre de Bourgeois comme étant «bien près de la pensée d'un Pierre Falardeau». Pas besoin pourtant de prendre une telle précaution: les vues de Bourgeois et de Falardeau sont carrément identiques, fondées sur une haine politique, un fanatisme et une intolérance qui incarnent l'exact contraire de l'esprit de la démocratie. Nous sommes ici en présence d'une pensée politique totalitaire, où quiconque pense autrement est vu comme l'«ennemi de la Nation» qu'il faut abattre, et non comme une personne ayant le droit à son opinion. Apologistes de la violence verbale, les Bourgeois et Falardeau nourrissent une haine qui pourrait bien, si on n'y prend garde, développer des conséquences funestes pour notre société.

Aussi, il ne s'agit pas d'une pensée «un peu» brutale, comme le dit Cornellier. Cette pensée EST carrément brutale, pas seulement «un peu». Pourquoi Cornellier sent-il le besoin d'utiliser une telle précaution, alors que les faits démontrent que ces gens-là sont des apologistes de la violence?

Cornellier s'amuse aussi à trouver du «bon» dans l'oeuvre de Lionel Groulx, ce chantre du fascisme et du nationalisme identitaire qui a imprégné de sa marque le nationalisme québécois contemporain. J'aimerais bien qu'il expose davantage en quoi Lionel Groulx a laissé du «bon». Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'essentiel de son oeuvre a fait la promotion d'un nationalisme ethnique, refermé sur lui-même, en plus d'avoir livré une conception de l'histoire qui est gravement mensongère, déformant les faits les uns après les autres.

Enfin, Cornellier fait preuve d'une certaine intolérance lorsqu'il parle des fédéralistes. Ainsi, Jean Charest s'accrocherait «obséquieusement» au fédéralisme, comme s'il ne défendait en rien les intérêts du Québec, alors que son bilan jusqu'à maintenant n'est pas sans accrochages sérieux avec Ottawa. Serait-ce que chaque fédéraliste québécois serait nécessairement «obséquieux»? Pourquoi recourir à une telle insulte? Pourtant, il n'y a qu'à écouter les leaders indépendantistes pour se rendre compte qu'eux aussi ne sont pas sans «obséquiosité» lorsqu'ils évoquent, de manière souvent lyrique et exhaltée, les «lendemains radieux» de l'accession du Québec à l'indépendance politique, qu'ils présentent constamment comme l'avènement de la «Terre Promise».

Et bien entendu, Cornellier, en bon indépendantiste inconditionnel, se doit de qualifier un Alain Dubuc d'adepte de «toutes les bassesses argumentatives pour discréditer le projet souverainiste». Dans cette logique, n'importe quel commentateur et analyste fédéraliste ne saurait jamais être entendu, peu importe l'aspect rationnel et fondé de ses arguments, et si vous critiquez le projet indépendantiste avec une certaine efficacité en appuyant vos propos sur les faits bien tangibles, votre critique ne peut, selon les propos de Cornellier, qu'être vile et basse. Au diable donc le respect qui pourrait permettre un débat plus éclairant qu'un tel lancement d'anathèmes...

En ce sens, Cornellier n'est guère éloigné de la pensée de Bourgeois et de Falardeau, qu'il semble critiquer, assez timidement je ferai remarquer, seulement pour se démarquer de l'aspect infréquentable de cens gens-là, mais, ceci dit, il ne semble guère remarquer que les leaders politiques les plus en vue du camp indépendantiste, soit les Bernard Landry, Jacques Parizeau, Gilles Duceppe et consorts, ne cessent d'appuyer les oeuvres du journal Le Québécois, en y participant fièrement. On n'a qu'à faire la somme de toutes les publicités dans ce journal payées par les députés du Bloc Québécois et du Parti Québécois (publicités en fait payées par les contribuables), pour s'en rendre compte. Que l'élite politique du mouvement indépendantiste donne ainsi sa caution à ces adeptes du fanatisme et de l'intolérance, voilà une chose sur laquelle Cornellier ne semble guère se formaliser, alors que s'il était vraiment l'humaniste qu'il affirme être, il devrait s'en indigner.

mardi, novembre 08, 2005

Délire, acte 2

On entend souvent parler des «rêves» et de l'«imaginaire» qui seraient à la base du projet indépendantiste. En surfant sur le net, on trouve en effet plusieurs sites qui présentent d'innombrables thèses souvent contestables et peu appuyées par les faits. Et il existe une véritable constellation de tels sites, tout aussi créatifs les uns que les autres.

Je désire aujourd'hui vous signaler l'un de ces sites, celui-là bien dur à battre en matière d'imagination fertile. Je vous invite donc à cliquer sur le lien suivant, et surtout à écouter religieusement le document audio MP3 auquel vous aurez accès en cliquant sur l'image d'une espèce de personnage barbu et couronné que vous trouverez en haut de page.

Vous constaterez alors qu'il existe au moins une certaine frange du mouvement indépendantiste québécois qui carbure à un pareil délire. Le plus singulier est que les gens concernés semblent se prendre tout-à-fait au sérieux.

Le tout prendra 5 minutes de votre temps, mais je vous assure que vous ne trouverez pas le temps long...

http://esoterisme-exp.com/francais/main/actualites/occasion/sacres/grandmonarque.htm

samedi, novembre 05, 2005

Commentaire de M. Pierre Lemay

Bonjour M. Daniel Laprès!

La lecture de votre article « Les fédéralistes doivent parler » et les commentaires émis sur votre site, m’ont motivé à émettre mes visions personnelles sur les événements qui forgent ou ont forgé notre pays « le Canada ».

D’abord un aperçu de mon profil : natif de Lévis, 67 ans, marié, « cours classique partiel», diplôme collégial en techniques aéronautiques, 32 ans militaire, 12 ans chez Pratt&Whitney/CAE/Bombardier et maintenant retraité.

La formation reçue au collège de Lévis, l’éducation que j’ai eue à la maison ainsi que le milieu social dans lequel j’ai grandi m’ont façonné et m’ont donné l’identité de Canadien Français…. une identité que je ne renierai jamais à moins qu’un jour mon pays me persécute ou me malmène à un point tel que je doive m’expatrier.

Avant de poursuivre, je dois absolument exprimer ma déception à propos de la quasi disparition de l’appellation « Canadien Français ». Ne pas s’identifier comme Canadien Français est une double faute parce que le peuple Canadien fut le premier peuple conquérant et fondateur de notre beau et grand pays. Que l’origine de ce peuple fondateur était la très belle France où j’y ai séjourné durant huit ans et où j’y ai voyagé dans presque tous les coins. Mes deux ancêtres étaient natifs de la Vallée de la Loire où ils se sont mariés avant de venir s’établir au Cap de la Madeleine.

À la suite du délaissement par la France des ses colonies en Amérique, la porte s’est toute grande ouverte aux autres conquérants, notamment les Anglais qui lorgnaient de ce côté-ci depuis longtemps. En rétrospective je préfère avoir été conquis par les Anglais plutôt que par les Espagnols ou les Portugais. L’expression bien connue « fair play » n’a certainement pas pris ses origines dans ces deux derniers pays!!

Nos conquérants Anglais ne pouvant gérer un pays aussi grand que le Canada ont du s’allier la population conquise pour mener à bien l’exploitation des richesses et le développement de la société. Ils ont donc fait des concessions notamment au niveau de la langue et de la religion. Ces deux nations fondatrices d’origines différentes ont cheminé ensemble, non sans heurts, et nous ont permis d’évoluer pour atteindre un niveau de qualité de vie très enviable à la grandeur de la planète.J’habite au Saguenay maintenant et je vis au milieu d’une majorité dont je ne partage pas les vues politique. Il en va de même avec une de mes sœurs, une belle-sœur et une nièce. J’ai noté un comportement identique chez tous ceux qui prônent la séparation, l’indépendance ou la souveraineté du Québec, cette dernière appellation étant leur préférée parce que les deux autres leur font peur.

Je disais donc que j’ai observé un comportement émotif de leur part qui m’empêche de tenir avec eux une conversation politique intelligente. L’adhésion à leur cause est viscérale; essayez donc de raisonner quelqu’un qui a extrêmement soif, faim ou froid? Tout discours rationnel les met en colère et les poussent à dire des choses abominables ou dénier des faits irréfutables. Ma propre sœur m’a même qualifié de traître parce que je n’embrasse sa cause.

Comment nos concitoyens Québécois en sont-ils venus à rejeter le pays que leurs ancêtres ont fondé? Qui sont-ils? Quelle sorte de gens sont-ils?

J’ai réfléchi durant plusieurs années pour trouver leurs raisons, leurs motivations et qu’est-ce qui les a amenés à adopter une telle position. Ceux qui me rendent le plus perplexe sont ceux qui sont scolarisés et qui oeuvrent dans des postes de prestige.

Je vais vous faire part de mes observations et nommer les modèles que j’ai identifiés (bien entendu ils ne seraient certainement pas d’accord avec mon analyse ainsi que les raisons que j’invoque et qui les ont poussé à adopter une position aussi radicale et souvent non objective et irrationnelle).

Alors voici ce que j’ai observé comme étant les raisons qui motivent ceux qui prônent la séparation :

1) l’influence du milieu (familial, scolaire, de travail, des voisins, et même du clergé dont j’ai été personnellement témoin)

2) le manque de formation ou d’information (souvent des gens qui se nourrissent intellectuellement à partir des autres ou de sources vraiment biaisées vers la doctrine indépendantiste.

3) des gens frustrés suite à l’échec de leur carrière qui trouvent très accommodant de blâmer le fédéral, les Anglais et tout et tout ce qui n’est pas Québécois. Ce sont souvent des gens, qui dans leur quotidien, ont de la difficulté à s’affirmer. Il s’en trouve d’autres, très bien formés/informés mais opportunistes. Ils voient la belle occasion de facilement enrôler des militants candides en jouant sur leur ego et en leur faisant briller le statu de « MAÎTRE CHEZ NOUS »…. et au diable les autres!!n enfin vous avez le type « gau-gau-che genre altermondialiste/anarchiste qui est contre tout ce qui reflète l’ordre et tout ce n’est pas gratuit ».

Alors comment gérer nos communications avec eux afin de leur démontrer notre bonne volonté et que le but que nous visons est le bien de tous? Il va sans dire que l’approche adoptée par nos dirigeants fédéraux s’est avérée un échec total et il est grand temps que nous, « Monsieur/Madame Toutlemonde » prenions, comme vous le faites, l’initiative d’informer intelligemment nos concitoyens. Il faut absolument éviter de tomber dans le piège des batailles de mots et éviter de blesser, même si souvent l’occasion est propice et alléchante de répliquer subtilement et peut-être un peu méchamment! Il faut adopter une attitude conciliante voire même aimante. Il faut faire un effort pour comprendre pourquoi ils en sont arrivés à penser : « indépendance », « séparation » et « rejet de tout ce qui a une connotation Canadienne ».

Alors de qu’elle façon procéder pour passer notre message en faveur du Canada? Certainement pas la méthode Chrétien, Dion & Cie. Il n’y a rien de bon dans la confrontation. Il faut que le mouvement de formation/information vienne de la base (c.à.d. nous qui prenons un peu de notre temps pour la cause canadienne) et diffuser nos points de vue via les journaux, qu’ils soient de masse ou intello. Il faut identifier un ou des porte-parole parmi nous qui s’avéreraient de bons interlocuteurs lors d’entrevues avec les média. Encore faudrait-il trouver le moyen de provoquer de tels entrevues.

Je vais donc poursuivre ma réflexion, essayer d’élaborer des solutions innovatrices et intelligentes et vous en faire part.

«Canadiennement » vôtre.

Pierre Lemay

Cher Monsieur Lemay,

Je vous remercie d'avoir pris le temps de partager vos vues sur notre enjeu national. Il y a plusieurs éléments dans vorte analyse qui rejoignent mes propres perceptions, et d'autres sur lesquels je suis moins d'accord. Mais l'important est d'échanger et de débattre dans le respect des opinions, et en ce sens votre contribution mérite d'être saluée.

Sur le fait que bien des Québécois ont renié leur identité de Canadien français, cela me fait penser au fait, d'ailleurs souligné dans l'excellent article de Claude Castonguay dans La Presse d'aujourd'hui, que ces mêmes Québécois ont carrément répudié toute solidarité avec nos compatriotes francophones des autres provinces. Ces gens, qui partagent notre langue, notre culture, nos racines et notre histoire, ont été complètement évacués du débat, comme si on se foutait d'eux, et comme si on ne se sentait pas concernés par le fait que si on se séparait, on se séparerait d'eux aussi. Pourtant, nous les condamnerions ainsi à la disparition à court terme, devant quoi on peut dire que c'est une bizarre de manière de défendre le français que de se désolidariser d'un million de Franco-Canadiens. Ne devrions-nous pas ré-apprendre à construire ce pays avec eux, pour redéployer une influence francophone dynamique dans tout le Canada?

Évidemment, bien des indépendantistes nous servent souvent la rengaine de l'assimilation des francophones hors-Québec. Pourtant, ils le font sans se demander quelle est notre responsabilité de Québécois à cet égard. Qu'est-ce que nous, Québécois, faisons-nous de concret en termes de solidarité, d'échanges culturels et institutionnels, de coopération sociale et politique, etc., etc. pour renforcer mutuellement l'influence des Québécois francophones et des francophones hors-Québec? Pas grand chose, on doit l'admettre. Tout est devant nous à ce chapitre.


Il est vrai que plusieurs des postulats indépendantistes reposent sur des prémisses fausses. C'est bien beau de décrier le «Canada Anglais» comme si tous les citoyens que cette appellation recoupe se levaient à chaque matin en songeant à «écraser» les Québécois. Pareille paranoïa est surtout synonyme de rejet a priori de l'Autre et de fermeture, et elle n'est pas justifiée par la réalité. Il y a plein de gens ouverts à la réalité du Québec et au fait français dans tout le Canada, et on devrait se solidariser avec eux pour construire un projet commun, dans le respect de l'identité de chacun. En cela, nous pourrions devenir un réel exemple pour notre monde divisé par les haines raciales, ethniques et religieuses.

Quant aux façons de s'investir dans le débat, je comprends votre point de vue. Il faut en effet faire preuve d'ouverture et de compréhension à l'égard de la vaste majorité des souverainistes qui se montrent respectueux de la démocratie et refusent la haine de l'opinion adverse.

Mais toutefois, je suis d'avis qu'il faut dénoncer vigoureusement les tenants de la haine, de l'intolérance et du fanatisme, qui ont bénéficié jusqu'ici d'une complaisance lâche et lamentable de la part des élites médiatiques, intellectuelles et politiques indépendantistes. Ces individus sont les plus grandes menaces à la démocratie québécoise, et leur mépris évident des valeurs démocratiques, perceptible dans leur comportement et leurs paroles écrites ou verbales, doit être combattu sans concession. Et s'ils persistent à dénigrer, insulter, menacer, intimider, nous devrons leur tenir tête, pour leur montrer que nous ne céderons pas à la peur qu'ils essaient d'instiller dans les esprits. Aussi, nous devons démontrer qu'au-delà de l'insulte et de la haine, ces gens-là n'ont rien à dire et ne peuvent apporter aucun argument raisonnable et valable. La lutte contre ces gens-là devrait concerner non pas seulement les fédéralistes, mais aussi, sinon surtout, les souverainistes, qui voient leur option gravement discréditée par ces gens-là.

En tout cas, cher Monsieur Lemay, merci pour votre contribution, et au plaisir de vous lire de nouveau.

Daniel

vendredi, novembre 04, 2005

Quand ça délire, ça délire fort...


Amis lecteurs, je ne peux résister à la tentation de vous présenter l'intégrale de la prose qu'a dédiée à mon sujet une certaine Marianne Vaucouleurs, de Lévis, en réponse au texte que j'ai fait paraître dans La Presse, le 29 octobre.

Il est fascinant de découvrir un tel délire hargneux, qui prouve toutefois à quel point l'insulte et la calomnie sont l'arme des faibles, cette digne militante indépendantiste, fanatisée à l'extrême, n'ayant absolument aucun argument à opposer à ceux que j'avance.

Il est à noter que le site web indépendantiste Vigile.net s'est empressé de publier ce très édifiant écrit. Le texte comportait toutefois, jusqu'à ce soir, une phrase diffamatrice que la dame Vaucouleurs avait écrite contre moi.

J'ai donc fait parvenir le message suivant à Vigile.net, qui a ensuite retiré ladite phrase du texte. Ceci dit, je n'avais aucunement l'intention de leur demander de retirer l'entièreté du texte de la dame Vaucouleurs, car il ne fait que prouver qu'un certain fanatisme complètement délirant s'est emparé des rangs indépendantistes; d'ailleurs, la diffusion d'écrits du genre nuit en fait considérablement à la crédibilité de la cause indépendantiste, donc ce n'est certainement pas moi qui y posera obstacle.

Il est toutefois pathétique que l'auteure de cette prose délirante ne semble même pas consciente du ridicule auquel elle s'expose si fougueusement...


Le 2 novembre 2005

Aux responsables du site Internet «Vigile.net»,

Le 31 octobre dernier, vous avez publié sur votre site un texte signé par Mme Marianne Vaucouleurs à mon sujet.

Mme Vaucouleurs m'y insulte copieusement, mais je ne m'en formalise guère; cependant, par le biais de votre site, elle porte atteinte à ma réputation en me diffamant grossièrement, lorsqu'elle affirme ceci:

«Et une p'tite commandite émanant de notre bon vieux «Canadian Liberal Government» corrompu, en appoint, ça ne ferait pas de mal non plus, faut dire. J'imagine que vous ne me contredirez pas au moins sur ce point.
Votre compte en banque non plus.»

De cette façon, Mme Vaucouleurs laisse entendre que mes dépenses de fonction auraient un lien avec le scandale des commandites, en plus de prétendre que ces dépenses, vérifiées et approuvées dans le cadre des missions que j'effectuais alors et qui n'avaient rien à voir avec de la propagande politique, mais tout à voir avec le service de mon ministère aux citoyens du Québec, auraient servi à m'enrichir personnellement, ce qui est complètement faux et mensonger.

Je crois qu'il est inévitable d'avoir des débats virulents en politique, mais ce genre de diffamation est inacceptable, de la part d'une citoyenne et d'une publication Internet comme la vôtre.

Par conséquent, je vous mets en demeure, via le présent courriel, de retirer ces lignes diffamatoires du texte de Mme Vaucouleurs avant vendredi prochain le 4 novembre à minuit, à défaut de quoi Mme Vaucouleurs et votre organisme recevront une mise en demeure légale émise par mon avocat et qui sera expédiée dès lundi le 7 novembre, le tout suivi d'une poursuite devant les tribunaux si vous refusez encore d'obtempérer.

Et n'allez pas prétendre ensuite que je voudrais restreindre votre liberté d'expression; il s'agit ici de pure diffamation, et c'est mon droit démocratique de me défendre devant une attaque aussi foncièrement vicieuse, non fondée et malhonnête.

Bien à vous,

Daniel Laprès



LE JÉSUITISME DE DANIEL LAPRÈS

Marianne Vaucouleurs TRIBUNE LIBRE, Vigile.Net, 31 octobre 2005

Ou comment présenter des discours de propagande sous couvert d'«argumentation éthique» Note préliminaire : je propose ce commentaire à Vigile parce que ce forum de Cyberpresse (Gesca => : «La Presse», «Le Droit», «Le Soleil» et al.) procède à des rejets et des censures sur une base systématique lorsqu'il s'agit de réflexions (trop ?) critiques sur le Canada et ses thuriféraires. Tout prétexte est recevable en ces lieux pour ignorer un bon nombre de textes de cette nature (présumés "hors-sujet», "irrespectueux", etc.), alors que tout ce qui est pro-Canada (et souvent carrément anti-Québec) est reçu avec... bienveillance - quels que soient les contenus les plus méprisants, les plus malhonnêtes, les plus ad hominem et les plus «hors-d'ordre» que l'on puisse dénicher. Le proverbial deux poids/deux mesures qui prévaut dans les salles éditoriales de messieurs André Pratte et Alain Dubuc, quoi...

M. Laprès, votre disposition pour ainsi dire viscérale à «inoculer» chez vos «ennemis idéologiques» votre propre haine personnelle de ceux-ci (car vous adorez étaler votre prolixe prose sur toutes les tribunes - voir encore tout récemment: - qui tombent sous vos yeux), haine que vous avez toujours l'extrême culot de présenter avec pompes et sous forme en principe intellectuellement acceptable (ah... quel labeur de trouver une idée à peu près cohérente ici ou là dans tout ce fatras de mots qui n'en finit jamais). Respect, tolérance, ouverture, démocratie, intégrité intellectuelle, débat..., etc. sont en effet autant de vocables que vous utilisez à satiété et que, visiblement, vous présentez en paravent pour mieux fouler aux pieds ces «valeurs chéries» - et ce, constamment - dans le fond même de votre discours (mais encore faut-il, il est vrai, avoir la générosité d'aller jusqu'au bout de vos serpentins constrictors, qui par ailleurs rappellent fort les «récits» de votre ami Gabriel Racle, sans nous laisser broyer par l'ennui).

Mais il est vrai qu'ici au Québec (depuis votre château-fort d'Ottawa...), on est devenu passablement imperméable à ce type d'entreprise, que l'on a tellement connu depuis une quarantaine d'années: se faire traiter de tous les noms par le biais de discours doucereux qui prônent les plus nobles valeurs pour laisser entendre que les tenants de la libération du Québec en sont fondamentalement dénués. Ce qui se ramène à peu près à la dialectique suivante, si «on fait» brachylogique: la "CIVILISATION" CANADIENNE d'une part (ouverture, grandeur d'âme, tolérance, générosité, accueil, universalité, démocratie, le multi...n'importe quoi, etc.), La TRIBALITÉ QUÉBÉCOISE d'autre part (les valeurs opposées, pardi!). Et il est vrai que la plupart du temps il s'agit tout bêtement d'une extraordinaire malhonnêteté intellectuelle.

Rhétorique par ailleurs bien connue par les Pierre S. Pettigrew et les Stéphane Dion de ce monde.

Comme quoi on peut atteindre à la plus vulgaire primarité (le discrédit de l'Autre par tous les moyens) sous le couvert des plus emphatiques envolées littéraires inspirées par les plus nobles idéaux de l'humanité. C'est vieux comme le monde, certes, mais parfois «it works yet»... D'où la perpétuelle renaissance - ou clonage - de gens comme vous, M. Laprès, qui s'efforcent de confondre leurs préférences idéologiques, ô combien intéressées, avec les sommets de la pensée ouverte et généreuse.

Comme disait l'immense Goethe il y a maintenant deux cents ans, et un demi-siècle avant Marx, «L'idéologie d'une époque est l'idéologie des maîtres de cette époque». Quel est le «truc»? Convaincre le plus grand nombre que «mon» intérêt est aussi «le vôtre»... À la différence - vous en êtes la démonstration irréfutable, M. Daniel Laprès - que le procédé est désormais à la portée de tous. Compte tenu de l'accès libre à la parole publique dans une société qui chérit la liberté et la démocratie comme la nôtre, la québécoise, il est possible pour tout un chacun, en effet, de tenter de se dénicher un auditoire à «travailler au corps». Suffit d'avoir son ballot de phrases tout fin prêt dans sa garde-robes, avoir du temps ensuite, beaucoup de temps, et, probablement aussi, se trouver - de manière ponctuelle ou en permanence, c'est selon - dans un état chronique de désoeuvrement avancé.

(...): C'est ici que l'ineffable dame Vaucouleurs avait mis sa phrase diffamatrice.

Enfoncer sa partisanerie, étriquée et négatrice de l'«autre», à grands coups de valeurs universelles: ce peut être amusant, rasoir, distrayant, soporifique, ridicule, selon les cas et les sensibilités de l'auditeur, ou que sais-je encore.

Sauf que par-delà un certain seuil (la «répétition du même» jusqu'à l'acharnement, la démonisation du «différent», et tutti quanti), ça devient du fanatisme. Un fanatisme qui ne s'exprime pas forcément par le biais de yeux exorbités ou d'une veine cave exposée jusqu'à la l'exhibitionnisme, mais c'est celui qui est le plus répugnant de tous. Parce qu'il se présente masqué derrière une tolérance qu'il exige de tous hormis de lui-même. C'est le fanatisme du jésuite. *

Marianne Vaucouleurs,Lévis, QuébecCe 30 octobre 2005, à la faveur du 10e anniversaire du «référendum volé» par vos amis purs comme jeunes vierges...

* Il est vrai qu'en termes cliniques - toute morale, idéologie et activisme politique mis à part - on dira plutôt qu'il s'agit de «formation réactionnelle». Or un individu lourdement inconscient des motifs qui le font mouvoir, on en conviendra sans peine, n'est pas totalement responsable de ses actes. D'où le pardon possible si l'intéressé consent à recevoir les soins appropriés. Par conséquent, outre l'hypothèse du fanatisme à proprement parler (que j'ai retenue ici en première ligne par respect élémentaire pour la santé psychique de mon interlocuteur), il faut hélas! comprendre que c'est là sans doute l'issue qui reste à l'analyste de M. Laprès. Cornellien dilemme.

jeudi, novembre 03, 2005

Autres réponses laissées sur Cyberpresse:

Denis Richard:

Vous êtes complètement aveugle, sourd et sans mémoire vous fédéralistes! Vous avez toujours supportés les Trudeau/Chrétien dans leurs démarches pour écraser les aspiration du peuple Québécois.Aucun respect des compétences, la langue, société distincte, rapatriment unilatéral de la constitution, la nuit des long couteux, vole à l'assurance emloi etc.: gouvernement centralisateur! Vous êtes fier d'être des sujets britaniques alors n'essayez pas de nous brainwasher avec vos discours d'assimilateurs! Votre exemple de Wellstone est de l'illusion, vous avez coupés dans l'assurances emploi, volées les travailleurs, couper aux transferts dans la santé et j'en passe!Ça ne sert à rien d'amener un âne à l'abreuvoir si...


Cher Monsieur Richard,

Votre problème, c'est que vous mettez tous les fédéralistes dans le même sac. Il y a autant de façons d'être fédéraliste que d'être souverainiste.

Quant à votre accusation «d'écraser les aspirations du peuple québécois», il va bien falloir qu'un jour les indépendantistes de votre genre comprennent que leurs aspirations politiques ne correspondent pas aux aspirations du peuple québécois. C'est de leur option indépendantiste qu'il s'agit, et celle-ci ne représente pas l'essentiel des aspirations du peuple québécois; il y a au moins la moitié du peuple québécois qui n'est pas indépendantiste et dont les aspirations se reconnaissent dans l'idéal canadien. Et ces gens n'en sont pas moins québécois que vous.

Quant à certaines du politiques du gouvernement fédéral que vous dénoncez, je suis moi-même fédéraliste et les dénonce autant que vous. Vous seriez d'ailleurs surpris de l'ampleur de ma liste de récriminations contre l'État fédéral et sa bureaucratie. Et je ne suis pas le seul fédéraliste à agir et penser ainsi. Etre fédéraliste n'empêche pas de conserver un esprit critique devant les manquements du fédéral à ses responsabilités en matière de justice sociale et de service aux citoyens.

Le temps des adhésions aveugles est dépassé, et je vous ferai noter que ça devrait concerner les indépendantistes autant que les fédéralistes. Si on s'implique dans les enjeux politiques, c'est parce qu'on veut changer ou améliorer des choses, et non pour répéter les dogmes et credos des leaders de nos options respectives. On peut critiquer son propre camp sans pour autant renoncer à son option politique.

Enfin, je suis fier d'être un Québécois francophone qui s'assume et qui ne croit pas que c'est en se repliant autour d'un nationalisme comme le vôtre, qui à vous lire est d'essence purement ethnique, qu'on trouvera des garanties de préservation et de développement de notre langue et de notre culture.

Donc, le qualificatif de «sujet britannique», gardez-le pour vous, et gardez aussi votre accusation d'«assimilateur», à moins que vous en fassiez la démonstration basée sur des faits en ce qui me concerne, puisque c'est moi que vous calomniez ainsi. Je lutte pour la langue française depuis toujours, et pas mal plus que certains séparatistes en passant, et j'ai le droit d'être fédéraliste en même temps.

Vous n'avez aucun droit de m'enlever ou d'essayer de me voler mon identité de Québécois et de francophone; les indépendantistes et nationalistes n'ont pas le monopole de la défense des aspirations et des intérêts des Québécois et des francophones qui vivent au pays. Ils n'ont que le monopole de leur vision politique indépendantiste, et je le leur laisse volontiers.


Daphney Dubuisson:

Quelqu'un propose une solution pour mettre fin à ce débat ridicule. Et tout ce qu'on trouve à lui dire ce sont des accusations et des insultes qui ne font que confirmer ses dires.

Lorsque je lis les commentaires de plusieurs intervenants, je ne peux m'empêcher de rire.L'un d'entre-eux déclare que les fédéralistes sont les seules brutes violentes qui existe. J'imagine que le meurtre d'un ministre fédéral par le FLQ c'est seulement passé dans notre imaginaire collectif...

Un autre déclare que le Québec s'est fait injustement accusé d'être une province raciste et que «heureusement» on semble de moins en moins en entendre parler. Eh bien je dis à cette personne d'aller se promener dans les quartiers multiethniques et de répéter ses propos aux personnes qui le vivent au quotidien. Les réponses pourraient la surprendre. Encore mieux, qu'elle regarde les réponses de certains intervenants dans ce forum. Les réponses teintées de racisme ne manquent pas. Les pires qui me reviennent à l'esprit sont celles qui dénoncaient le fait que la St-Jean était animé par des noirs dans différentes villes du Québec. Animées par des noirs qui sont nés au Québec ce qui fait d'eux des Québecois. Mais il semble que ce n'était pas assez pour certains...

Il y a quand même eu certains commentaires censés. Un intervenant a dit que les politiciens que nous avons en ce moment (dans les 2 camps), ne sont pas des intellos. Et comment! La plupart sont des avocats de profession, des businessmen, etc. et n'on aucune formation politique. Aucune. Il ne faut pas se surprendre des commentaires qui sont émis parfois. Ces gens n'ont aucune notion de diplomatie.

Un autre citait la lettre d'une personne qui déclarait que la souveraineté était l'opium du peuple Québecois. Cette affirmation est, selon moi, on ne peut plus vraie. Tous ces débats et efforts dépensés sur la souveraineté n'ont fait que diviser le Québec et par conséquent, contribuer à nous mettre en retard, à plusieurs niveaux, quant au développement de la province par rapport aux autres provinces du pays.

Il y a encore d'autres exemples qui ressortent mais j'en ai assez dit. L'opinion émise par M. Laprès cherche une voie pour faire évoluer le dialogue en dehors des chicanes de basse-cours qui sévissent depuis trop longtemps.

Plusieurs intervenants se plaisent à ré-ouvrir de vieilles blessures pour appuyer leurs arguments (j'en suis moi-même coupable j'en conviens) mais ils le font uniquement pour chiâler.À quoi bon se rappeller du passé si on en apprend rien?

Il est temps de faire évoluer le discours pour trouver des solutions qui vont plaire autant aux souverainistes qu'aux fédéralistes. Ce n'est pas impossible. Il faut juste un peu de volonté des deux côtés.

Chère Madame Dubuisson,

Effectivement, il est assez troublant de voir que, mis à part quelques exceptions fort honorables, les réactions des indépendantistes à mon article se révèlent plutôt pitoyables. Leurs insultes et leur grossièreté me confortent toutefois, car elles font la preuve que ces gens-là n'ont pas d'arguments, et on peut même trouver intéressant le fait qu'une simple opinion émise par un individu qui n'est ni un politicien, ni une personnalité influente et connue, déclenche tant de fureurs. Cela voudrait-il dire que ces gens craignent le débat d'idées, ou en sont tout simplement incapables? Aussi, serait-ce qu'ils ne sont pas habitués à se faire riposter dans leur salissage systématique de ceux qui ne pensent pas comme eux?

Évidemment, les débats politiques peuvent être virulents. On ne devrait pas s'en plaindre. Moi-même, je suis très dur dans mes propos à l'égard de la frange fanatique, intolérante et haineuse du mouvement indépendantiste. Mais je pense être capable de justifier mes dires par des faits, et plus les termes que j'emploie sont durs, plus je m'efforce de mesurer mon propos et d'en démontrer les fondements (exemple: ce que je dis d'un Pierre Falardeau, et que je redirai tant et aussi longtemps que cet individu sera un propagateur de haine; sauf que je m'efforce de démontrer en quoi les propos de cet individu sont haineux et intolérants).

C'est pourquoi j'apprécie hautement les quelques messages laissés par des souverainistes plus ouverts au débat, et qui se montrent respectueux de la personne qui tient un point de vue différent, et qui ainsi font la preuve de leur attachement aux valeurs démocratiques. Ces gens-là font honneur à leur option politique, contrairement aux vulgaires lanceurs d'insultes et de diffamation, qui ne font que démontrer leur fanatisme et leur haine contre toute idée de dissidence, tout en affichant leurs tendances totalitaires. Et après, qu'ils ne viennent pas brailler parce qu'ils sont dénoncés pour ce qu'ils sont.


David Toussaint:

Faut être un pelteux de nuage pour dire que les Québécois sont présentement libres ...

D'ailleurs, la cour suprême vient de vous le rapeller dernièrement dans le dossier des garderies.. Imaginez, on a même pas le plein contrôle de nos garderies ! Vous apellez ça être libre ? Peut-être que le dictionnaire vous aidez..

Mais vous savez, malgré tout je comprends pourquoi certain on répondu non lors des deux référendum... Si vous votez non, vous allez en avoir du changement ! On met nos sièges en jeux !25 ans plus tard ? rien... Pas capable d'ouvrir la constitution sans subir revers par desus revers. Et la 3iem fois ? allez-vous les croires ?

Je me demande quand le peuple québécois aura le courage d'en terminer avec la mauvaise foi fédéraliste. Quand il aura le courage de mettre se projet à terme et de prendre le plein contrôle de ses affaires. Pas le projet du PQ comme je vous entend déjà le dire. Mais le projet dont on parle depuis la conquête des anglais en 1700. Rapellez-vous !

Cher Monsieur Toussaint,

Pouvez-vous me dire en quoi, sérieusement et avec des faits tangibles et non avec des fantasmes de prétendues victimes, les Québécois ne sont pas libres au sein du Canada? Ils peuvent élire des représentants indépendantistes jusqu'au Parlement fédéral ! Même une institution fédérale par excellence comme Radio-Canada regorge de commentateurs, animateurs et journalistes indépendantistes; d'ailleurs, l'ineffable Pierre Falardeau lui-même y avait sa tribune durant des années, lors d'une émission du vendredi soir. Les indépendantistes peuvent dire ce qu'ils veulent, et ils monopolisent les milieux culturels et artistiques, les institutions d'enseignement, etc.

En fait, l'attitude de la frange fanatique qui gravite autour de Falardeau et de ses semblables est ce qui, présentement, est en train de miner la liberté au Québec. Dès qu'un petit fédéraliste sans influence ni pouvoir de mon genre ose s'exprimer, ils se mettent à le diffamer, à le matraquer à coups d'insultes et d'accusation de ne pas être un vrai Québécois, etc. etc. etc. D'où le fait que, jusqu'ici, bien des fédéralistes québécois craignaient de s'exprimer pour s'éviter ces attaques sauvages; voir par exemple le message laissé par une certaine Marianne Vaucouleurs, de Lévis, que j'ai reproduit dans ce blogue, et qu'elle a fait publier, dans une version encore plus diffamatrice, dans le site indépendantiste Vigile.net; comme quoi ces individus n'ont aucun scrupule lorsqu'il s'agit de salir quiconque est perçu par eux comme une menace.

Mais ce dont ces fanatiques zélés ne se rendent pas compte, c'est que plus ils agissent ainsi, plus ils discréditent leur propre option politique. Et c'est pourquoi je crois qu'on ne devrait plus se laisser intimider par eux. Plus ils nous salissent, plus nous devons leur tenir tête. Il est fini le temps où leur sauvagerie va museler des citoyens au Québec. S'ils ne l'ont pas encore compris, ils vont s'en apercevoir bientôt...

Mais je reviens à votre propos, Monsieur Toussaint. Vous prouvez que vous ne savez pas de quoi vous parlez, hélas. Le jugement récent de la Cour suprême que vous voulez mentionner ne concerne pas les garderies. Il concerne plutôt les congés parentaux, ce qui n'est pas la même chose car ça impliquait le programme d'assurance-emploi.
Aussi, ce jugement n'affectait en rien l'entente signée juste avant entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, qui permet au Québec de gérer ses propres congés parentaux, le fédéral ayant accepté de transférer les fonds requis au gouvernement du Québec pour que celui-ci puisse gérer comme il l'entend son propre programme de congés parentaux.

Donc, vous évoquez cet exemple pour confirmer que les Québécois ne sont pas libres, mais les faits réels indiquent que vous êtes complètement dans l'erreur, du moins sur cette question-là, et que votre opinion est fondée sur une analyse complètement faussée de la réalité.

mercredi, novembre 02, 2005

Froid dans le dos

Cette lettre ouverte, signée M. Clément Pelletier, de Rimouski, a été publiée dans le journal Le Soleil, de Québec, vendredi le 28 octobre:

«Sans cautionner M. Lafond, permettez-moi quelques réflexions sur les commentaires de Patrick Bourgeois, tels que rapportés dans LE SOLEIL du 27 octobre. Nous vivons dans une démocratie où chacun peut s'exprimer, changer d'idée, changer d'allégeance (sinon nous aurions toujours le même parti au pouvoir ! ). Or, Patrick Bourgeois et ses acolytes qualifient de traîtres ceux et celles qui n'ont pas leur façon de voir.

Gilles Duceppe a pris ses distances envers ce groupe en disant que ce n'était pas tout le mouvement souverainiste qui pensait ainsi, mais quelques individus. Penser qu'un pays serait gouverné par ce groupe où nous n'aurions pas le droit de nous exprimer librement me donne froid dans le dos.»



Patrick Bourgeois, dont parle M. Pelletier, est l'un des dirigeants du journal Le Québécois, lequel est ardemment appuyé par les Pierre Falardeau, Jacques Parizeau et Bernard Landry, et qui ne cesse de répandre la haine et l'intolérance contre les fédéralistes québécois. Journal antidémocratique s'il en est un, qui reçoit l'appui de deux chefs récents du PQ et ex-Premiers ministres par surcroît, ce qui en dit long sur les conceptions démocratiques de ces gens-là et sur le genre de société qu'ils nous préparent...

Ceci dit, Gilles Duceppe a peut-être, du bout des lèvres, pris ses distances envers ce groupe. Mais leur journal est financé, en très large partie, grâce à des publicités provenant des députés du Bloc Québécois, payées à même les fonds publics, puisque ces fonds proviennent des budgets de publicité des députés et octroyés par la Chambre des Communes.


Si Gilles Duceppe avait vraiment pris ses distances par rapport à ces propagateurs de haine et d'intolérance, il aurait interdit à ses députés de financer ce journal. Tout le monde connaît l'autoritarisme du cabinet du chef du Bloc à l'égard de tous ses députés, le cabinet du chef contrôlant strictement tout et maintenant une discipline de fer. Si Gilles Duceppe avait vraiment tenu à prendre ses distances d'avec le groupe qui anime le journal Le Québécois, il aurait ordonné à ses députés de ne pas y placer de publicité.

Donc, encore une fois, nous avons devant nous le spectacle de la duplicité du chef du Bloc Québécois.

mardi, novembre 01, 2005

Réponses (2)

Je réponds à d'autres commentaires laissés sur le site de Cyberpresse, en réaction à mon texte du 29 octobre:


Etienne Devillier:

1- Les «fédéralistes» ont Jeff Filion, nous on a Falardeau. J'aime autant avoir Falardeau.

2-Brutes? Les derniers meurtres politiques ont été fait par les fédéralistes, par le Caporal Lortie, qui a abattu 3 personnes innocentes. Ce n'est pas brutal ça?

3- Si je vous comprends tous ceux qui ne partagent pas votre idéal monarchiste sont des «haineux et intolérants».

4- Traîtres, collabos, vendus? Les Anglais nous ont effectivement envahis avec brutalité et vous les servez, vous appelez ça comment vous? Une douce invasion gentille? Des «loyalistes»? Servir les Anglais au détriment des Québécois c'est de la traîtrise que vous aimiez le mot ou non.

5- Vos idéaux démocratiques? Une monarchie? Un sénat non élu? Une Haïtienne non élue? Des juges nommés parce qu'ils sont des organisateurs du parti libéral?

6- L'idéologie nationaliste identitaire?... votre ami Mathieu Laberge a anglicisé son nom et s'appelle maintenant «Matt»... c'est ça pour vous protéger votre langue?... virer anglais?

7- Assumer son identité? Avez-vous lu la version de Mario Cardinal de la CBC «Le Canada une histoire populaire»? C'est l'identité british seulement, et c'est payé par le gouvernement de la monarchie du «Canada». C'est un déni total de l'histoire des Québécois.

8- Un repli identitaire? Cacher un peuple dans un autre c'est quoi selon vous?9- Un projet commun? Les premiers ministres anglais ont réécrit leur constitution en pleine nuit dans une chambre d'hôtel... la monarchie du «Canada» c'est leur projet, pas un projet en commun avec nous.

Le problème des monarchistes c'est de nier la réalité. Vous n'avez pas le courage de faire face à la réalité en allant voir qui fête vraiment la monarchie du «Canada» le 1er juillet. De voir que les supporteurs de votre monarchie sont des anglais et des immigrants qui vivent en anglais. Vous n'avez pas le courage de voir la réalité en face, et les voir viendrait contredire tout ce que vous soutenez comme réalité virtuelle que vous avez inventé. Les Québécois francophones sont des Québécois qui fêtent leur pays le 24 juin.

Le 1er juillet est une horreur à chaque année. Y allez-vous?Encore une fois les monarchistes comme vous vont aller promettre au Québécois un «Canada» qui n'existe pas. Charest parle encore d'un «Canada» réformé parce qu'il ne peut pas vendre la réalité. Mais ce mensonge ne fonctionne plus. Les Québécois ont compris que les Anglais ne changeront pas. Votre «Canada» virtuel est fantastique. Mais il n'existe que dans votre tête. La réalité c'est que le «Canada» est une monarchie qui n'est pas notre pays. On n'a aucune influence sur sa constitution qu'on n'a pas consenti ou son histoire qui fait tout pour nous effacer.

Cher Monsieur Devillier,

Vous y allez pas mal fort en fureur démagogique concentrée!!!

D'abord, Jeff Fillion, un personnage répugnant à mon avis, est le fils d'un ex-député du Bloc québécois, et il est loin d'être un défenseur du fédéralisme. De plus, j'étais un chaud partisan de Sophie Chiasson dans sa bataille juridique contre ce personnage odieux, et je sautais de joie lorsqu'elle l'a vaincu. De plus, si jamais Fillion se revendiquait du fédéralisme, je le vomirais et le dénoncerais sans concessions, contrairement aux gens comme vous qui idolâtrent ce démagogue haineux et intolérant qu'est Falardeau.

Ensuite, de faire porter comme vous le faites sur le dos des fédéralistes la tuerie commise par le caporal Lortie à l'Assemblée nationale, est odieux et ignoble de votre part. Vous devriez avoir honte d'une telle bassesse, et ayez au moins la décence de respecter la mémoire des victimes innocentes de cette tragédie, en évitant de récupérer celle-ci pour salir vos adversaires.

Oui, votre «héros» Pierre Falardeau est une brute. On ne peut qualifier autrement un homme qui écrit et publie qu'il se retient de ne pas «fesser» à «coups de 2 X 4» ou de «découper à la chain-saw» les fédéralistes, ou qui insulte ses adversaires ou quiconque est plus modéré que lui, même dans le camp souverainiste, en les traitant de «trou de cul», «charogne», etc., ou qui encore banalise et justifie l'assassinat de Pierre Laporte par ses petits amis du FLQ dont il tente de faire des «héros de la Nation». Une authentique brute, donc.

Sur la monarchie, eh bien vous vous mettez un doigt dans l'oeil, car je suis contre toute monarchie. Vous devriez savoir qu'être en désaccord avec certaines choses relatives au fédéralisme canadien ne doit pas nécessairement faire de nous des séparatistes. Je m'intéresse à la politique car je pense que la politique existe pour faire changer les choses, pas pour les laisser en leur état actuel. Il y a bien des choses à changer et à améliorer dans le fédéralisme, et je vois cela comme un défi stimulant. C'est d'ailleurs pourquoi, bien que fédéraliste, je ne me gêne pas pour attaquer les représentants politiques de mon propre camp, et aussi plusieurs pratiques de l'État fédéral, notamment sa bureaucratie... Etre fédéraliste, ça ne veut pas dire de magnifier béatement tout ce qui vient du camp fédéraliste, et ça ne dispense non plus personne de conserver un esprit critique, autrement rien ne progresserait.

Vous dénoncez le fait que Michaëlle Jean soit Haïtienne, on dirait. Attention, votre propos sent la xénophobie...

Quant à mon ami Mathieu Laberge, savez-vous qu'il est souverainiste, et qu'il a été vice-président du Comité national des Jeunes du PQ? Pourquoi insultez-vous ainsi jusqu'aux gens de votre propre camp, mais qui sont plus modérés que vous et qui surtout sont attachés à la tolérance et au respect de la diversité des opinions? Essayez-vous ainsi d'insinuer qu'il faut absolument être un fanatique comme vous pour être indépendantiste? Vous allez faire sortir bien du monde de vos chapelles si vous persistez dans ce sens-là...

«Servir les Anglais au détriment des Québécois», dites-vous... Ce genre de propos de votre part est indigne. Comme fédéraliste et fier francophone, j'ai le droit de penser que le Canada est une bonne chose pour les francophones du Québec et d'ailleurs au pays. Vous n'avez aucun droit de m'enlever mon identité francophone. C'est une pratique intolérante et ignoble, car ce que vous exprimez ainsi, c'est: «Tu n'es pas un vrai Québécois parce que tu ne penses pas comme moi». Après, ne vous plaignez pas qu'on accuse d'intolérance et de fanatisme haineux les gens comme vous.

La «Terre Promise» que devrait apporter un Québec indépendant, elle est dans votre tête aussi... À chacun ses idées, mais respectez le droit des autres à différer de votre conception politique, à moins que vous soyez en faveur d'un régime autre que celui que suppose la démocratie.


Gilles Morissette:

Tant que les fédéralistes québécois auront des portes-paroles aussi peu crédibles que Stéphane Dion, Jean Lapierre Pierre Pettigrew et Jean Charest, leur cause n'avancera jamais dans l'opinion publique.

Et même s'il trouvait des porte-paroles crédibles, la «mafia syndicalo-séparatiste» qui contrôle les médias, va tout faire pour miner sa crédibilité. Parlez-en à Mario Dumont. Il est passé par là.

En passant, les séparatistes, vous aimez ça vous draper dans le grand drapeau de la vertu et faire la morale aux fédéralistes avec le scandale des commandites. Et si on parlait des gaspillages de fonds publics version «séparatiste»? Les dossiers du prolongement du métro à Laval, du «sauvetage» de la Gaspésia, des coûts faramineux de construction de la Grande bibliothèque de Montréal ainsi que du siège social de la Caisse de Dépôt et de Placement, ça vous dit quelque chose?Vous en voulez une belle histoire d'horreur? Relisez donc le rapport de la Commission d'enquête présidé par le juge Lesage sur les dépassements de coûts du «pseudo-sauvetage» de la Gaspésia.

En matière de «p'tite vite», le PQ n'a rien à envier à personne.Et puis, si je me rappelle bien, il a été dit, à la Commission Gomery que le PQ avait lui aussi touché de «l'argent sale» des commandites, pas autant que les Libéraux bien sûr mais le montant n'a pas d'importance. C'est le principe qui compte.Alors avant de faire le procès des fédéralistes, assurez vous donc que vous n'avez pas de squelette caché dans le placard, d'accord!

Cher Monsieur Morrissette,

Je suis ravi qu'un fédéraliste comme vous soit d'accord avec le fait que la plupart de nos représentants politiques sont présentement d'une médiocrité qui les empêche de rejoindre nos concitoyens et concitoyennes. Il faut faire émerger un nouveau leadership, ça presse! Mais ce leadership viendra des citoyens concernés comme vous et moi, après on aura les leaders qui correspondront à ce qu'on veut construire.

Concernant le monopole de la «vertu» auquel prétendent les indépendantistes, en effet, ils ont intérêt à fouiller dans leur propre placard. Je travaille avec des amis sur plusieurs des éléments que vous évoquez, et il y a d'autres, encore plus scandaleuxs, comme les 300 millions de dollars gaspillés en pure perte dans le «Plan Paillé», en 1994-95, pour amadouer un grand nombre de québécois. Il est temps qu'on riposte, ce qui ne doit toutefois pas nous rendre moins durs dans nos critiques contre les voleurs qui ont sali notre option fédéraliste en s'en mettant plein les poches avec les fonds publics. Il faut être à nous-mêmes les juges les plus impitoyables de notre propre camp, et ainsi nous serons crédibles lorsqu'on en arrivera à attaquer les malversations des souverainistes soi-disant «vertueux», mais dont la plus haute vertu est apparamment inspirée par Tartuffe...


Jean-François Leduc:

Je ne voudrais pas «crever» votre bulle, mais je ne crois pas que le discours des représentants fédéralistes québécois change radicalement de se qu'il a toujours été. Voyez-vous, à chaque effort que je fais pour me convaincre des biens-faits du «meilleur pays du monde», survient un événement qui fait en sorte de briser les aspirations des Québécois.

Je ne reviendrai pas sur le scandale des commandites. Par contre, personnellement, je suis «fatigué» de voir les représentants du gouvernement québécois (qu'ils soient libéraux ou péquistes) devoir faire la «pute», de devoir toujours quémander à Ottawa, NOS TAXES ET NOS IMPÔTS, pour mettre en place les programmes que les citoyens québécois désirent bénéficier...Je crois qu'il est inutile de faire la liste des projets qui sont retardés inutilement à cause de négociations qui n'aboutissent jamais entre le provincial et le fédéral

Cher Monsieur Leduc,

Je crois qu'en effet, le discours des représentants politiques actuels du fédéralisme ne changera pas. Ils sont trop nuls et médiocres pour cela. Mais ceci dit, il ne faut plus attendre après eux pour préparer l'avenir. C'est à nous tous, citoyens fédéralistes et fiers Québécois, de prendre la parole, et d'exprimer notre propre vision sur l'enjeu national. Et on n'a pas de permission à demander à personne pour cela.

Enfin, j'apprécie ce que vous dites sur la nécessité d'en finir avec les chicanes fédérales-provinciales. Les responsables politiques et bureaucratiques des deux paliers devraient privilégier l'intérêt des citoyens, qui doit passer bien avant la préservation de leurs chasses-gardées respectives. J'en ai assez que les responsables de l'État, québécois ou canadien, considèrent l'État comme leur chose à eux, et non pas comme un outil pour accroître les services aux citoyens. Privilégier l'intérêt public, donc l'intérêt de chaque citoyen, et non les pouvoirs des politiciens et surtout des bureaucrates (on ne parle pas assez de ces derniers!) devrait être une dimension du renouvellement de notre discours politique.


Paul Lafrance:

Je n'en reviens pas de lire certains textes prétextant que l'argent du Fédéral a volé le dernier référendum. Vous imaginez vous que le gouvernement péquiste de l'époque n'a dépensé que les sommes prévues dans la loi référendaire?

Le PQ a dépensé des centaines de millions AVANT le début de la campagne et en voici quelques exemples:

L'investissement massif dans certains programmes ou entreprises vouées à l'avance à l'échec tels Québecair (des centaines de millions gaspillés pour faire croire aux Québecois que nous avions les moyens de faire compétition à Air Canada), Tricofil que les péquistes savaient à l'avance que cette entreprise ne serait jamais rentable;

les jeunes entrepreneurs dont à peine 5 % n'ont pas déclaré faillite dans les 24 mois suivant leurs débuts;

les campagnes publicitaires comme «on s'attache au Québec», les panneaux avec publicité subliminales en provenance de nombreux ministères, l'utilisation de l'appareil gouvernemental, les photocopieurs, téléphones, fax, papeterie, les milliers de drapeaux fleurdelisés que l'on plantait à peu près partout, etc. tout celà avant le début de la campagne et NON COMPTABILISÉ dans les dépenses référendaires.

Sans parler de la bataille du cable et de toutes les autres publicités visant à discréditer tout ce que le gouvernement fédéral faisait.

Accuser le gouvernement fédéral de s'être impliqué dans cette campagne référendaire relève de la plus pure démagogie, comme si cette campagne ne regardait que les Québécois et que le reste des Canadiens n'avaient pas leur mot à dire.

Le PQ est spécialiste de la désinformation et a même réussi à obtenir d'une foule d'enseignants très bien syndiqués leur appui, ceux-ci ayant comme mission de dire à leurs jeunes élèves facilement impressionnables qu'ils n'étaient pas Canadiens, mais Québecois. Ayant moi-même quatre enfants qui ont subi ce lavage de cerveau, je sais de quoi je parle. Alors, pour ce qui est de l'argent sale du Fédéral, regardez dans votre propre cour.

Cher Monsieur Lafrance,

Vous visez très juste. D'ailleurs, ce que vous évoquez au sujet des nouvelles entreprises dont seulement 5% n'ont pas fait faillite après deux ans, est justement le fameux «Plan Paillé». Je suis en train de faire une recherche là-dessus, et prouverai que plus de $300 millions ont été gaspillés en pure perte dans ce programme qui visait à accorder des prêts garantis par le gouvernement du Québec, à toutes sortes de projets de nouvelles entreprises, dont un bon nombre étaient loufoques ou sans plan d'affaires sérieux. Le but: créer un climat favorable chez des dizaines de milliers de personnes (les entrepreneurs et leurs réseaux de proches), juste avant le référendum. À noter enfin que, dès le lendemain du référendum, soit le 1er novembre 1995, la garantie du gouvernement quant à ces prêts bancaires n'existait plus pour ceux qui voulaient se prévaloir de ce programme, qui fut ensuite éliminé en douce par le gouvernement du PQ, qui n'avait vraisemblablement plus besoin d'acheter des votes à $50 000 la tête...

Sur le plan des campagnes publicitaires à connotation politique du gouvernement Parizeau, et payées à même les fonds publics pour favoriser le OUI, là aussi nous allons sortir des chiffres qui promettent d'être renversants, et aussi dévoiler les firmes publicitaires souverainistes qui se sont alors graissées la patte. Bizarre que personne n'ait jusqu'ici osé se pencher là-dessus!!!


Nancy Gagnon:

Comment rompre avec cette médiocrité qui caractérise si bien les fédéralistes québécois? Je suis parfaitement d'accord avec votre opinion concernant ce manque de transparence dont font preuve nos représentants libéraux.

Manque de transparence dans leur discours, dans leurs idéaux... Jamais au grand jamais je n'ai entendu les partis libéraux (fédéral et provincial confondus) se prononcer sur leur attachement à la langue française, à la culture québécoise qui nous caractérise de manière viscérale. Au lieu de cela, on nous minimise en parlant des deux solitudes dans ce pays.

Pour ma part, je n'ai jamais senti autre chose que l'apât du gain en terme de $$$ de la part des libéraux. Le scandale des commandites m'en a d'ailleurs donné une excellente preuve. Je suis âgée de 30 ans et je suis une indépendantiste convaincue, parce que depuis toute ces années je n'ai jamais sentie que les partis libéraux s'adressaient ou se préoccupaient des citoyens. Les libéraux en ont seulement après ceux qui ont des fortunes, les autres étant laissés pour compte. Alors, étant donné que la population québécoise n'est pas principalement composée de gens fortunés, ceux-ci se tournent vers des gens qui les comprennent... et actuellement, il n'y a que le parti québécois qui semble se rapprocher le plus des préoccupations de la population... Bref, on récolte ce que l'on sème...

Chère Madame Gagnon,

Je ne puis qu'être d'accord avec plusieurs éléments du diagnostic que vous posez, quoique le PQ n'est pas un parti progressiste; il prétend l'être, mais regardez ce qu'il fait quand il est au pouvoir et vous verrez qu'il n'en est rien.

Nous différons d'opinions seulement sur le remède à apporter, car je crois, en tant que fédéraliste, qu'il est possible, et nécessaire, de renouveler radicalement notre discours et nos pratiques, et surtout de se débarrasser de nos représentants politiques actuels, dont la médiocrité et le manque de passion pour le bien-être des gens nuisent à l'idée fédéraliste.

D'ailleurs, il serait bon que les tenants des deux côtés fassent le ménage dans leur propre camp. Pour les fédéralistes, il s'agit de se départir de l'insignifiance et des discours de la peur, ainsi que des parasites et voleurs qui ont trop longtemps tourné autour; pour les souverainistes, il faudrait que les leaders cessent de se draper dans une apparence de «vertu» qui est bien hypocrite, et qu'ils arrêtent aussi de jeter en patûre à leurs troupes ceux qui ne pensent pas comme eux comme étant des «anti-Québécois», ce qui est une attitude qui encourage l'intolérance, le fanatisme et la haine, et qui tue aussi l'esprit de la démocratie. Aussi, les leaders indépendantistes auraient intérêt à regarder dans leur propre placard pour ce qui est des tendances corruptrices, au lieu d'accuser TOUS les fédéralistes d'être des corrompus.

Mais j'anticipe avec plaisir de débattre avec des souverainistes comme vous, qui êtes attachée au bien commun et à la justice avant tout. Si les fédéralistes et les souverainistes centraient leurs débats sur les enjeux qui concernent le mieux-être des citoyens, on pourrait faire progresser la façon dont les débats politiques se déroulent chez nous, et nous discuterions enfin dans le respect mutuel qui est nécessaire à la démocratie, et aussi dans la recherche du bien commun.

lundi, octobre 31, 2005

Réponses aux commentaires laissés sur Cyberpresse

Plusieurs personnes ont laissé des commentaires sur Cyberpresse, en réaction à mon article du 29 octobre. Je reproduis quelques-unes de ces réponses, avec mes propres commentaires et réactions en caractères bleus:

Monique Desautels:

Vous rêvez en couleurs, convaincre les séparatistes! On ne raisonne pas une émotion. Avec cet utopique projet de séparation, cette berlue collective, cette obsession de référendum (le neverendum), comme disait si bien Madame Sheila Copps dans sa chronique de mardi dernier dans le Journal de Montréal, ils font fuir tous les investisseurs sérieux, à cause du climat politique précaire.

Si tu es fédéraliste, c'est que tu hais le Québec, voilà leur sentiment.

Essayons une image: Une maison et un lieu.La maison c'est: le Québec. Le lieu où se trouve la maison c'est: le Canada.J'aime ma maison (Québec) et j'aime par-dessus tout le lieu où elle se trouve (Canada).Ce qu'on me propose c'est de garder ma maison, mais d'en changer l'emplacement. Aimeriez-vous ça vous si on vous imposait d'exproprier votre maison de Laval à St-Henri? Ça n'a aucun sens.

Le Canada a été décrété le deuxième meilleur pays au monde pour y vivre. On fait l'envie de tous. Pays pacifique et respecté dans le monde entier. Pays d'une superficie incroyable, de richesse naturelles inouies, de liberté, de sécurité, de paix et d'à peine 32 millions d'habitants. Quel paradis quand on songe à la ville de Mexico qui a elle seule regroupe 50 millions d'habitants. Qui a envie de quitter un tel paradis? Faudrait vraiment avoir perdu la raison.

Que les émotifs se calment un peu.Vous pouvez tous parler français ici, vous êtes libres, vous êtes chez-vous. Depuis des décénies que les Premiers Ministres fédéraux sont des Québécois, vous avez votre propre parti à Ottawa, le Bloc, la gouverneure générale est Québécoise et le Canada est décrété pays bilingue. Que vous faut-ils de plus pour vous sentir reconnus?

Les séparatistes croient que s'ils rapatriaient tous leurs pouvoirs ils réussiraient. Malgré la cuisante leçon de la réussite des provinces de l'ouest, ils restent convaincus que c'est impossible pour le Québec de réussir au sein du Canada. C'est d'une telle mauvaise foi.Deux paliers de gouvernements, moi ça me plaît et ça me rassure! On se protège ainsi de la dictature.

Le fédéralisme est le plus bel outil de démocratie qui soit. Regardez la tyrannie qu'impose la Société St-Jean Baptiste aux artistes... si vous acceptez un prix de la Gouverneure générale vous passez pour un traître... quelle oppression!Puis, on a beaucoup plus de poids face à l'international avec le Canada que si on faisait cavalier seul. Soyons lucides!Dans quelques années, on sera tous d'accord pour dire que le gouvernement Charest aura été le meilleur gouvernement qu'on a connu depuis des décénies. Une équipe de ministres remarquables. Une façon de gérer qui va dans le sens du manifeste Pour un Québec lucide.

Quant au fédéral, le rapport Gomery nous dira si ce gouvernement est aussi corrompu que les séparatistes le croient. Tous les intimés sont québécois... ne l'oublions pas. Il est possible qu'un petit groupe de fonctionnaires soient à la base de tout ce scandale, sans que la faute rejaillisse sur les libéraux. Faudrait pas déterrer tous les scandales du gouvernement péquiste... vous seriez autrement renversés.

Je suis Canadienne-française et fière de l'être. J'aime le Québec et j'aime le Canada. Mais si j'avais à chosir un jour, je choisirais le Canada. Pourquoi? Je reviens à mon exemple cité plus haut: maison/lieu. Parce que le lieu où je vis est plus important que la maison que j'habite.

Chère Madame Desautels,

Je rêve peut-être en couleurs, comme vous dites, mais à tout le moins il faut faire l'effort de comprendre et de nous adresser à la société québécoise. Et quant aux indépendantistes, on devrait pouvoir réussir à dialoguer et débattre respectueusement avec ceux parmi eux qui sont authentiquement démocrates et ouverts, et il y en a quand même pas mal parmi eux.

Je suis d'accord avec vous concernant les scandales. Ce ne sont pas TOUS les libéraux, ni TOUS les fédéralistes, qui sont des corrompus. Et il est vrai que je suis en train, avec toute une équipe, de fouiller certains dossiers où le PQ et le Bloc ont fait preuve de corruption financière et de malhonnêteté. Ici, le problème n'est pas les options politiques, fédéraliste ou souverainiste. Le pouvoir corrompt, dit-on. Alors, changeons le pouvoir. Les deux côtés du débat y gagneraient.


Marcelin Gélinas:

Non mais, quel bavardage... Les Québécois étouffent dans ce Canada autoritaire, obtus, malhonnête, strangulateur et asphyxiant.

Ça ira bien au Nord des États-Unis le jour où le peuple québécois décidera de faire du reste du Canada non plus un maître à qui se soumettre (au surplus, par le truchement des «Québécois d'Ottawa»! - dixit JF Lisée), mais un partenaire avec lequel il échange d'égal à égal.Nous nous détestons dans le même lit. En revanche, rien ne s'oppose à ce que nous devenions de fort bons amis et voisins. Chacun dans son «home».

Tous les discours verbeux et larmoyants n'y changeront rien. Pas plus celui des Daniel Laprès (un Français qui au demeurant s'inclut dans le «Nous» québécois alors qu'aux dernières nouvelles il était toujours résidant de l'Ontario: il faut dire que ce n'est pas la première fois que monsieur tente de refiler des couleuvres aux auditoires qu'il s'invente*) que celui des Stéphane Dion (ce 28 octobre dans «La Presse»), toujours aussi condescendant, parternalisme et arrogant. Clinicien demandé de toute urgence...!

Je donne à peu près raison à M. Laprès (par l'esprit sinon dans la lettre) sur un point: Il n'y pas meilleur vendeur de l'Indépendance du Québec que les Pierre Pettigrew et ces Stéphane Dion (et autres individus de même farine: Denis Coderre, Lucienne Robillard, André Ouellet, Jean Pelletier et al.).Hormis, peut-être, le Federal Governement of the Liberal Party. Tout entier.Sans oublier, bien sûr, Daniel Laprès lui-même. Mais ça, il ne semble guère s'en rendre compte. Mais peu importe, au fond...

Bref, M. Laprès : Words, Words, Words.Le peuple québécois devra tôt ou tard s'assumer comme adulte. C'est-à-dire: comme Nation.Big Bang ! tant que vous voudrez... Morale de l'histoire : Les babils de gens qui adorent s'écouter écrire font long feu face à l'Histoire des peuples et des Nations.Décidément, je comprends de mieux en mieux que les milieux politiques se soient libérés de vos services après embauche en coup de vent...MG* De la formidable mauvaise foi en ceci: http://www.vigile.net/05-10/3.html, qui l'amène forcément à se faire «ramasser» comme cela:

http://64.233.161.104/search?q=cache:yD7P9gqBZsQJ:www.vigile.net/05-5/13-jlg.doc (optez pour le codage «Unicode» - "Présentation" dans le menu - si la typographie laisse à désirer sur votre écran).

Et si vous avez encore un peu de temps pour vous distraire, voire vous taper sur les cuisses, allez donc fouiner de ce côté-ci: http://www.ledevoir.com/2005/05/10/commentaires/0505111512550.html?272

Qui sait, ça fera peut-être peur aux enfants lundi prochain!

Cher Monsieur Gélinas,

Vos insultes ne m'affectent pas du tout, l'insulte étant l'arme des faibles. En fait, vous devriez changer de registre, car vous ne faites que prouver votre incapacité à opposer des arguments à mon propos. Surtout, vous faites partie, comme une certaine dame Vaucouleurs, de ces indépendantistes et nationalistes enragés et fanatisés que, en tant que fédéraliste, je souhaite qu'ils soient plus entendus, tellement vos propos couvrent votre option politique de ridicule. Donc, parlez, parlez, vous nous aidez beaucoup...

Ceci dit, vous me diffamez grossièrement: j'ai travaillé six ans comme conseiller auprès de deux ministres des Affaires étrangères, ce qui est plutôt long. Et j'ai décidé de quitter par moi-même, mon ministre étant d'ailleurs déçu de me voir partir. C'était tout simplement que je ne me reconnaissais pas du tout en Paul Martin et son entourage, qui constituent (sauf de très rares exceptions au Cabinet) l'une des plus médiocres équipes à diriger le pays depuis le début de la Confédération. Mais une calomnie aussi minable que celle que vous vous permettez de proférer à mon égard ne m'affecte pas non plus.

Ce qui est plus grave, c'est cette autre diffamation grotesque qui montre aussi toute votre xénophobie: je suis né à Montréal, mes ancêtres Laprès sont arrivés au Québec en 1672, je ne suis pas citoyen Français et je n'ai jamais vécu en France. Je ne suis pas Ontarien non plus, car je vis toujours à Montréal. Prenez donc vos informations correctement avant de proférer vos insanités, car si vos opinions sont aussi fondées que vos sources d'information, vous donnez une bien piètre image de votre crédibilité.

À la rigueur, même si j'étais né en France ou au Kamtchaka du Sud, et remplissais les conditions de voteur Québécois, cela ne m'enlèverait pas le droit de m'exprimer sur notre débat national... à moins que vous soyez un adepte de la «préférence québécoise», à la manière d'un Le Pen qui, en France, parle de «préférence française»...


Donc, faites attention, votre propos sent la xénophobie à plein nez et pue la diffamation.

Enfin, j'invite les lecteurs à aller voir l'article d'un certain Jean-Luc Gouin sur le lien de Vigile.net que M. Gélinas a la bonté de reproduire dans son commentaire. Ce M. Gouin m'accuse de «déployer l’art de souffler l’hélium dans le condom de la jouissance paligraphique», mais si vous lisez son texte au ton hyper-prétentieux rempli de concepts philosophico-sémantico-théorico-psychologiques fort mal digérés, et qui en plus demande trois bouteilles de Tylenol pour passer à travers, je vous garantis que vous allez vous tordre de rire, compte tenu de l'immense projection psychologique qu'exprime cette accusation amusante de ce M. Gouin... En somme, l'arroseur copieusement arrosé... par lui-même!!!


Joe Trudel:

En ce qui concerne le texte de M. Laprès, j'admire votre énergie et je suis d'accord avec la plupart de vos points. Mais je ne dirais pas que «les propos de la plupart des ministres fédéraux du Québec [dénotent une] incapacité navrante à rejoindre et inspirer le public québécois».
Par exemple, les propos de Pierre Pettigrew sur «les bleus qui se nourrissent de méfiance et les rouges qui embrassent la confiance» qui unissent dans leur nationalisme rétrograde les nationalistes de Duplessis, la Société Saint-Jean-Baptiste et les souverainistes actuels, m'est semblée intéressante. Je pense que le gros problème ce ne sont pas les politiciens, mais l'opinion publique et les médias qui dénigrent le fédéralisme.


Cher Monsieur Trudel,

Je crois que le ministre Pettigrew est l'un des plus médiocres représentants fédéraux actuels. J'ai lu son discours de Trois-Rivières et il m'a paru démagogique et réactionnaire. Il est allé jusqu'à prétendre que le mouvement souverainiste est xénophobe, alors que ce n'est qu'une frange minime du mouvement qui l'est. D'ailleurs, nous fédéralistes avons nos propres xénophobes, Diane Francis par exemple, et Pettigrew devrait les combattre s'il voulait être crédible. Il y a de l'intolérance bien réelle contre les fédéralistes québécois, une intolérance haineuse et fanatique proférée par les Pierre Falardeau et ses disciples, avec la complaisance de l'intelligentsia et des leaders politiques indépendantistes. Pettigrew n'en a pas parlé, alors que c'est celle-là qui mine présentement notre climat démocratique. Se tromper de cible, c'est se tirer dans le pied...


Jacques Noël:

Falardeau, l'un de nos plus brillants intellos, ramené au niveau de «brute fanatique». On ne peut pas dire que vs faites dans la dentelle avec ceux qui ne pensent pas comme vous!

Pour ce qui est de l'avenir de la francophonie dans votre beau grand Canada bilingue, voici la tendance historique:

1867: Le Canada comptait 42 % de francophones, appelés alors Canadiens et Acadiens (faut jamais oublier que les Anglais nous ont volé jusqu'à notre nom!).

1901: Sous l'effet des premières grandes vagues d'immigration, le % tombe à 31 %

1961: Juste à la fin du babyboom et des familles de 12 enfants vivants à table, les Canadiens français, comme on disait maintenant, ne font plus que 26 %

2005: On est rendu à 22 %. Bientôt un cinquième du pays qu'on a nommé et fondé. Pas de chambre à gaz ici, pas de déportation: on nous a noyés sous l'immigration. Et ça continue. Cette année, le Canada a accueilli plus d'immigrants qu'il y a d'Acadiens au Nouveau-Brunswick! Merci beaucoup pour votre beau programme....

Cher Monsieur Noël,

Prenez un recueil des déclarations de Falardeau (je m'en suis fait un très complet à partir de ses livres et articles, passages à la télé et radio, etc.) ce soi-disant «brillant intellectuel», et prenez aussi un dictionnaire. Regardez la définition de «brute», «intolérance», «fanatisme» et «haine», et vous verrez bien que cet homme est une brute fanatique et intolérante qui sème ouvertement la haine et qui en est même très fier. Enfin, au sujet d'un homme qui écrit qu'il se retient de «fesser» les fédéralistes «à coups de 2 X 4» et de «les découper à la chain-saw», on ne peut qu'affirmer qu'il s'agit là bel et bien d'une brute.

Quant à la diminution du pourcentage de francophones au pays, eh bien, prônez donc une politique de natalité, ce n'est pas de la faute des fédéralistes et encore moins des anglophones de Red Deer en Alberta si on fait moins de bébés qu'avant. De plus, je doute fort que ce serait une bonne chose de revenir au temps où le clergé imposait ses vues à notre société en prenant les femmes pour des machines à engrosser. Le processus de décroissance démographique que vous mentionnez s'est d'ailleurs déroulé au fur et à mesure de la diminution du poids paralysant de l'influence cléricale et de l'avènement de la libération des femmes, ce dont je ne me plaindrais sûrement pas...

Enfin, quant aux francophones des autres provinces, dites-vous bien que nous, Québécois, n'avons fait que très peu pour développer des liens et des échanges à tous les niveaux avec eux, ce qui aurait aidé à leur renforcement. Les souverainistes, d'ailleurs, n'y gagneraient rien et c'est pourquoi ils les ignorent littéralement, car les francophones hors-Québec constituent leur mauvaise conscience, donc ils préfèrent occulter le fait que si le Québec se sépare, 1 million de francophones hors-Québec seront menacés de disparition, ce qui n'est pas la meilleure façon de renforcer le fait français en Amérique. Quand arrêterons-nous enfin de nous laver les mains concernant le sort de ces compatriotes qui partagent notre histoire, notre culture, notre langue, et notre pays?


Ghalem Ben Nouna:

Merci pour ces propos très pertinents, aussi faut-il souligner qu'on a l'impression que tout le monde tourne en rond au Québec, même les séparatistes.

Ce qui manque au pays, c'est un nouveau parti rassembleur des nouveaux leaders inspirants et surtout un nouveau projet de société.Tel que disait Jack Lang, «je préfère la réforme à la révolution, car les lendemains des révolutions sont incertains alors qu'en reformant on bâtit sur les aquis». C'est-à-dire une grande puissance mondiale et membre du G8.On oublie souvent ça. Concernant le monopole de la langue et de la culture, je voudrais dénoncer le contrôle quasi total des séparatistes des médias francophones, surtout hertziens, nous n'avons pas de tribune pas d'accès, on subit le martelage inssesant du discours séparatiste teinté d'idéologie d'extrême gauche.


Cher Monsieur Ben Nouna,

Je ne peux que crier avec vous contre le manque de leadership inspirant du côté fédéraliste. Il faut pourtant le susciter, autour d'un projet rassembleur. J'espère que vous en serez, car au fond, le leadership qui nous fait présentement défaut, c'est à nous tous, citoyens fédéralistes, de le prendre, à partir de là où nous sommes.

Il est vrai que l'idéologie indépendantiste exerce un quasi monopole dans les médias. Même La Presse publie les textes de l'intolérant Pierre Falardeau, probablement par crainte de subir ses foudres haineuses, alors qu'on devrait s'en foutre!!!

Mais ceci dit, je ne crois pas que l'idéologie indépendantiste est d'extrême-gauche. Landry et Parizeau sont des gens de droite, leur bilan ministériel le démontre amplement, et la droite existe bel et bien au PQ et au Bloc. Bien entendu, ces gens-là nous servent jusqu'à plus soif le discours de la «solidarité sociale», mais quand ils sont au pouvoir, ils font l'exact contraire. En cela, ils sont d'une très grave duplicité. Par exemple, le gouvernement du PQ, de 1976 à 1985, ne donnait que 133$ par mois aux assistés sociaux de 18 à 30 ans, et c'est le libéral Robert Bourassa qui a ensuite accordé aux jeunes la parité avec les adultes. Et aussi, à partir de 1994, les coupures dans les services sociaux étaient du même niveau que celles que Harris imposait en Ontario. Le PQ n'est pas progressiste, mais essentiellement étatiste et technocratique. Et je ne suis pas de ceux qui croient que l'étatisme et le technocratisme sont synonymes de progrès social, et c'est la raison pour laquelle j'ai adopté avec le temps le libéralisme politique comme philosophie, car elle est fondée sur la primauté des droits et de la dignité de l'individu, et en cela elle requiert aussi des éléments forts de justice sociale.

De toute façon, le nationalisme est une idéologie essentiellement conservatrice, malgré les dénégations habituelles des souverainistes, et un jour il faudra bien amorcer un vrai débat là-dessus. Enfin, je suis plutôt de centre-gauche moi-même, et je pense que les deux camps devraient refléter une vraie diversité idéologique, ce qui n'est pas le cas jusqu'ici, en particulier pour ce qui concerne le camp fédéraliste, qui s'est trop laissé identifier avec les mieux nantis.



Marianne Vaucouleurs:

«LES VERBIGÉRATIONS DE DANIEL LAPRÈS» - Ou comment présenter des discours de propagande sous couverte d'argumentation «éthique» Votre disposition pour ainsi dire viscérale à «inoculer» chez vos «ennemis idéologiques» votre propre haine personnelle de ceux-ci (car vous adorez étaler votre prolixe prose sur toutes les tribunes qui tombent sous vos yeux), haine que vous avez toujours l'extrême culot de présenter avec pompes (ah... quel labeur de trouver une idée à peu près cohérente ici ou là dans tout ce fatras de mots qui n'en finit jamais) et sous forme intellectuellement acceptable.

Respect, tolérance, ouverture, démocratie, intégrité intellectuelle, débat..., etc. sont en effet autant de vocables que vous utilisez à satiété et que, «visiblement», vous présentez en paravent pour mieux fouler aux pieds ces «valeurs chéries» - et ce, constamment - dans le fond même de votre discours (lorsque l'on a la générosité - intellectuelle - d'aller jusqu'au bout de vos serpentins constrictors sans nous laisser broyer par l'ennui).Mais il est vrai qu'ici, au Québec, on est devenu passablement imperméable à ce type d'entreprise, que l'on a tellement connu depuis une quarantaine d'années: se faire traiter de tous les noms par le biais de discours doucereux qui prônent les plus nobles valeurs pour laisser entendre que les tenants de la libération du Québec en sont fondamentalement dénués. Ce qui se ramène à peu près à la dialectique suivante, si «on fait» brachylogique: la CIVILISATION CANADIENNE d'une part (ouverture, grandeur d'âme, tolérance, générosité, accueil, universalité, démocratie, le multi...n'importe quoi, etc.), La TRIBALITÉ QUÉBÉCOISE d'autre part (les valeurs opposées, pardi!). Et il est vrai que la plupart du temps il s'agit tout bêtement d'une extraordinaire malhonnêteté intellectuelle.

Comme quoi on peut atteindre à la plus vulgaire primarité (le discrédit de l'Autre par tous les moyens) sous le couvert des plus belles envolées littéraires inspirées par les plus nobles idéaux de l'humanité. C'est vieux comme le monde, certes, mais parfois it works yet... D'où la perpétuelle renaissance de gens comme vous, M. Laprès, qui s'efforcent de confondre leur préférence idéologique, très intéressée, avec les sommets de la pensée ouverte et généreuse.Comme disait l'immense Goethe il y a maintenant deux cents ans, et un demi-siècle avant Marx, «L'idéologie d'une époque est l'idéologie des maîtres de cette époque».

Quel est le «truc»? Convaincre le plus grand nombre que «mon» intérêt est aussi le «vôtre»... À la différence - vous en êtes la démonstration irréfutable, M. Daniel Laprès - que le procédé est désormais à la portée de tous. Compte tenu de l'accès libre à la parole publique dans une société qui chérit la liberté et la démocratie comme la nôtre, la québécoise, il est possible pour tout un chacun, en effet, de tenter de se dénicher un auditoire à «travailler au corps». Suffit d'avoir son ballot de phrases tout fin prêt dans sa garde-robes, avoir du temps ensuite, beaucoup de temps, et, probablement aussi, se trouver - de manière ponctuelle ou en permanence, c'est selon - dans un état chronique de désoeuvrement avancé.Et une p'tite commandite émanant de notre bon vieux gouvernement libéral canadien corrompu, en appoint, ça ne ferait pas de mal non plus, faut dire. J'imagine que vous ne me contredirez pas au moins sur ce point.

Enfoncer sa partisanerie, étriquée et négatrice de l'«autre», à grands coups de valeurs universelles: Ce peut être amusant, rasoir, distrayant, soporifique, ridicule, selon les cas et les sensibilités de l'auditeur, ou que sais-je encore. Sauf que par-delà un certain seuil (la «répétition du même» jusqu'à l'acharnement, la démonisation du «différent», etc.), ça devient du fanatisme. Un fanatisme qui ne s'exprime pas forcément par le biais de yeux exorbités ou d'une veine cave exposée jusqu'à la l'exhibitionnisme, mais c'est celui qui est le plus répugnant de tous.Parce qu'il se présente masqué derrière une tolérance qu'il exige de tous hormis de lui-même. C'est le fanatisme du jésuite.Ce 30 octobre 2005, à la faveur du 10e anniversaire du «référendum volé» par vos amis purs comme jeunes vierges...

Chère Madame Vaucouleurs,

Ravi d'avoir encore de vos nouvelles! Mais vous devriez au moins renouveler vos écrits au lieu de recycler vos vieux courriels, car ce qui vous dites ici n'est qu'une répétition de quelques extraits de l'interminable logghorée verbale que vous m'aviez envoyée par courriel en juin dernier (8 pages lorsque imprimées!!!), et qui depuis ne cesse de faire rire mes amis, surtout les souverainistes parmi eux, lorsque je leur montre votre prose. Bon, c'est vrai que ça les gêne un peu d'avoir des gens comme vous dans leur camp, mais au moins vous savez les faire sourire en même temps, ce qui est tout à votre mérite...

Ceci dit, en matière de fanatisme, vous souffrez gravement de projection psychologique, c'est assez évident à vous lire; aussi, vous m'accusez d'avoir le «fanatisme du Jésuite», mais vous devriez savoir que ce sont les Jésuites qui ont joué un rôle moteur dans l'expansion au Québec de l'idéologie nationaliste identitaire qui vous émoustille tant (voir, entre autres, la biographie de René Lévesque par Pierre Godin, tome 1). Projection, Madame Vaucouleurs, projection...

Enfin, vous ne savez pas lire, du moins si vous prétendez vous référer au contenu de mon texte, auquel vous ne vous montrez pas capable de répondre en rien. Vous ne savez me faire qu'un procès d'intention, en plus de présenter à mon sujet une pseudo-analyse relevant du plus cheap genre de psychologie de pacotille. Dites-vous bien que si jamais j'ai besoin d'un psy, j'irai voir un professionnel sain d'esprit, ce que vous n'êtes sûrement pas...

Sur le site de Vigile.net, vous avez encore une fois recyclé votre courriel de juin, en reproduisant ce même texte que vous avez reproduit dans Cyberpresse, mais en y ajoutant cette fois un lien sur mes comptes de dépenses de fonction lorsque je travaillais comme conseiller politique, lien que j'ai d'ailleurs moi-même reproduit dans ce blogue.

Toute l'ampleur de votre malhonnêteté morale et intellectuelle est révélée par votre geste, car vous osez laisser sous-entendre ainsi que ces dépenses, qui ne couvraient que le transport et l'hébergement, ainsi que des photocopies, location d'ordinateurs, etc., servaient à remplir mon compte de banque, affirmation diffamatoire que vous faites juste après avoir évoqué le scandale des commandites. En fait, vous faites un lien entre le scandale des commandites et mes dépenses de fonction, ce qui vous expose à des poursuites pour libelle diffamatoire, vous et le site Vigile.net, une option que je considère sérieusement car il doit y avoir des limites au droit de diffamer quelqu'un à cause de ses opinions politiques, ce qui est d'ailleurs une tactique totalitaire bien connue.

En fait, savez-vous à combien est présentement mon compte de banque? Je vais vous le dire: un gros $52.02, car je vis et ai toujours vécu modestement, sinon frugalement. Je vis avec environ $1500 net par mois, que je gagne fort honorablement, et j'entends continuer ainsi car j'y trouve beaucoup de liberté. Voyez-vous, je ne suis pas achetable, chère Madame Vaucouleurs: je n'ai rien pour moi, et je ne veux rien, ayant même l'ambition de ne pas mourir riche. Alors, vous vous mettez un doigt dans l'oeil lorsque vous essayez de me faire passer pour un individu avide d'argent. Encore une fois, projection, Madame Vaucouleurs, projection...

Ceci dit, votre attitude plutôt minable et vile en dit long sur le fait que tout ce que vous savez faire puisque vous n'avez aucun argument valable, c'est de salir vos adversaires en mentant effrontément. Méthode digne des Nazis que la vôtre, chère Madame Vaucouleurs, qui entache aussi les responsables du site où vous avez publié une telle diffamation.

Donc, meilleure chance la prochaine fois...


Marc Trudel:
Je dis bravo à Daniel Laprès. Si on pouvait le cloner, on le clonerait pcque ça prend des jeunes comme lui pour contrebalancer la propagande séparatiste qui a envahi les médias par artistes et certains journalistes (!) interposés.

Merci Monsieur Trudel, vous êtes amusant. Mais si vous demandiez à ceux qui me côtoient à longueur de journée, mon coloc par exemple, si ce serait une bonne chose que de me cloner, celui-ci, bien que fédéraliste, protesterait très fort!!! Mon ex-conjointe protesterait elle aussi avec énergie, même si elle est restée une grande amie... Me cloner, ce serait provoquer une catastrophe nationale qui plongerait le pays dans le chaos et l'anarchie!!! ;-)))

Plus sérieusement, il faudrait que chacun parmi nous, fédéralistes québécois, se lève et ait le courage de ses convictions et de ses valeurs. Ainsi, on contribuerait au débat, et on ferait avancer, sinon notre cause, au moins notre société et notre vie démocratique. On ne doit plus rien attendre de la part de nos leaders politiques actuels, qui sont présentement trop nuls; à nous tous et toutes, citoyens concernés, de prendre notre part de leadership dans ce qu'il faut construire.

C'est maintenant le temps pour les esprits à la fois progressistes, libéraux et fédéralistes de mettre de l'avant de nouvelles idées et de nouveaux leaders. Il est fini le temps de la timidité.


Jean-Charles Morin:
Quel discours pompeux et vide! Je ne ressent aucune empathie pour vous. Pour paraphraser la célèbre chanson de Louise Forestier (air connu): «Pourquoi parler, quand on a rien à dire? Pourquoi pleurer, quand tous les autres veulent rire (de vous)?»
Les fédéralistes, adeptes inconditionnels d'une idéologie en cul-de-sac qu'ils s'entêtent à agripper comme une dernière bouée, sont les seuls responsables de leur malheurs. Quand vont-ils finalement s'apercevoir qu'ils font partie du problème et non de la solution?

Cher Monsieur Morin,

Merci de votre contribution très riche et substantielle au débat. Vos arguments sont superbement développés et riches de perspectives inouïes pour l'avenir radieux de notre société, et la profondeur et le génie de votre pensée ne peuvent qu'éblouir le lecteur jusqu'à l'aveuglement. Heureusement qu'il y a des gens comme vous pour illuminer les pauvres ignares et aliénés que sont les fédéralistes de mon espèce...


Michel Lebel
Sur l'essentiel, je partage votre point de vue. L'immense majorité des députés fédéraux, y inclus ceux du Bloc, ne sont pas des intellectuels, mais des pragmatiques, des concrets. Paul Martin, Jean Lapierre, Stephen Harper et Jack Layton ne sont pas des Trudeau!

Jean Charest et son ministre Pelletier défendent l'autonomie provinciale et plus de pouvoirs et d'argent du fédéral. C'est de bonne guerre, mais comme le fédéral ne peut pas toujours dire oui, la perception que la population peut avoir, par médias interposés, est que le fédéralisme est un nid à chicanes perpétuelles. Ce qui est en partie vrai, encore faut-il expliquer qu'il est normal, voire souhaitable, qu'il y ait des divergences entre les deux ordres de gouvernement. Qu'une certaine tension entre ceux-ci peut être bénéfique pour les citoyens.

Et de façon concomitante, il faut également montrer les avantages de vivre dans une société multinationale et multiculturelle.Il ne faut pas aussi oublier que le PQ est toujours sur le mode souverainiste ou référendaire. Il n'existe et ne vit que pour cela. Le fédéralisme, quant à lui, se vit concrètement tous les jours, avec ses succès et échecs. Le fédéralisme est une organisation politique exigeante, jamais parfaite, mais qui permet une unité territoriale élargie, dans la diversité. C'est aussi une philosophie qui demande de voir grand et généreux. C'est le régime politique de l'avenir pour la planète. Les Nations Unies préfigurent un fédéralisme mondial. Pourquoi le Canada ne servirait-il pas de modèle?


Cher Monsieur Lebel,

J'apprécie votre propos, qui est (et là je suis sérieux) très riche et plein d'ouverture sur l'avenir. Cependant, je ne veux surtout pas d'un autre Trudeau! Trudeau est mort il y a 5 ans, il a quitté le pouvoir il y a 21 ans, et on n'a pas besoin d'un autre comme lui. On devrait plutôt regarder vers l'avenir au lieu de se raccrocher à un passé révolu.

Il nous faut des leaders qui ne soient pas arrogants comme l'était Trudeau, et qui soient aussi moins doctrinaires. Je ne veux pas d'«intellos», mais plutôt des leaders qui veulent que l'État fédéral serve vraiment les citoyens de ce pays (ce qu'il est loin de faire présentement), et qui sont en politique pour améliorer les conditions de vie des gens et pour aucune autre chose.

La seule inspiration qui me vienne à l'esprit est la politique comme le faisait le regretté sénateur américain Paul Wellstone (voir:
www.wellstone.org) Si on avait de tels leaders dans notre camp, comme fédéralistes on progresserait pas mal, et le Québec et le Canada aussi.


Marc Granger:

J'en ai plus qu'assez de ces démagogues fanatiques qui, sentant la soupe chaude pour leur cher Canada, voudraient faire porter le blâme des commandites à tous les Québécois.
N'en déplaise aux fédéralistes, ce scandale est un scandale fédéraliste créé par des agences de communication fédéralistes exécutant des contrats de publicité fédéraliste pour leurs amis fédéralistes d'un parti fédéraliste, le tout pour mousser l'option fédéraliste.Vous me faites penser à messieurs Brault et Guité: «Si je tombe, je ne tomberai pas tout seul!»

Cher Monsieur Granger,

Je ne comprends vraiment pas pourquoi vous semblez dire que je fais porter le scandale des commandites sur les Québécois. Je n'ai jamais rien dit ou écrit qui puisse se rapprocher de cela. D'ailleurs, je me sens aussi insulté que vous lorsque j'entends des choses pareilles.

Mais ceci dit, ce scandale n'est pas un «scandale fédéraliste» comme vous dites, mais plutôt un scandale provoqué par une poignée de parasites et de voleurs, qui ont utilisé la cause fédéraliste pour se remplir les poches. Comme fédéraliste, je ferais accuser ces sinistres individus de haute trahison si je le pouvais, car les dégâts provoqués par leurs crimes ont gravement fragilisé l'unité de notre pays.

Autrement, devrait-on dire que d'autres scandales qui ont touché des indépendantistes comme Oxigène 9; les emprunts bancaires bidon effectués par les candidats du Bloc Québécois en 2000 pour se faire rembourser par les payeurs de taxes beaucoup plus que leurs dépenses électorales réelles; les études sur la faisabilité de la souveraineté, faites par Parizeau et payées par le public, dans lesquelles plein de consultants péquistes se sont graissés les pattes; les dépenses de fonction pharaonesques de nombreux députés du Bloc Québécois révélées il y a moins d'un mois, le tout au détriment des contribuables; etc., etc., etc.

Donc, cher Monsieur Granger, devrait-on dire que ces scandales sont des «scandales souverainistes»? Je dis que non, car je ne suis pas un démagogue. Là-aussi, ce sont des scandales de profiteurs et de parasites. Rien de plus.

Alors, soyez honnête et moins démagogique dans vos accusations SVP, car vous connaissez l'adage: "Qui crache en l'air..."